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Philippe Pelaez et Francis Porcel : Dans mon village on mangeait des chats

Dans mon village on mangeait des chats de  Philippe Pelaez (scénario) et Francis Porcel (dessins et couleurs)   5/5 (25-07-2020)

 

Dans mon village on mangeait des chats (56 pages) est sorti le 10 juin 2020 aux Editions Bamboo, collection Grand Angle.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Le parcours initiatique d’un jeune garçon dans le crime organisé et son cortège de violence.

Jacques et Lily surprennent Charon, le boucher-maire, dans le bois en train de capturer des chats, matière première de ses fameux pâtés que tout le monde s’arrache. Lorsque Charon s’aperçoit que sa recette est éventée, il décide tout simplement d’éliminer les enfants qui pourraient trahir son secret. Jacques se défend et tue le boucher. En rentrant chez lui, le garçon s’interpose entre son père ivre et sa petite sœur et tue le tyran. Devenu meurtrier pour sa survie, et parricide par accident, Jacques est envoyé cinq ans en institut d’éducation surveillé pour en sortir chef de bande.

  

Mon avis :

 

Années 70. Le père Charon est un boucher réputé. Les gens viennent de loin pour goûter sa spécialité : le pâté. Pas n’importe lequel évidemment. Un pâté à l’ancienne, cher payé et particulièrement goûtu, concocté par le maire de Saix lui-même. Mais bon, le père Charon est mort, zigouillé par Jacques.

Jacques Pujol est un gamin de 13 ans presque normal. A quelques détails près… Insensible à la douleur (analgésie congénitale), fils d’un routier présent de temps en temps pour foutre des torgnoles, une mère au foyer qui fait défiler bon nombre de bonhommes dans l’habitation familiale (où, semble-t-il, le mot famille n’a plus grand sens). Gamin vif, pas craintif pour un sou, malin et joueur, il voit sa vie totalement chamboulée, après avoir découvert le secret de « Charon la charogne », et que celui-ci lui ai proposé un poste d’apprenti. Un fâcheux concours de circonstances fait de Jacques un assassin. Et deux fois en une nuit, ça commence à faire beaucoup. Beaucoup trop…

Envoyé à l’institut, le code civil devient sa lecture favorite (l’unique à vrai dire). Jacques à un plan. Le début d’une grande amitié et d’une vie bien remplie : institut, soudure, boites de nuit… A deux doigts de diriger le monde. Jusqu’à ce que le monde s’écroule.

 

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Si le point de départ de Dans mon village on mangeait des chats a quelque chose d’un peu comique, on sombre très vite dans une histoire plus noire et ce sentiment d’inquiétude est largement accentué par les vignettes dont le dessin de Francis Porcel apporte un aspect pesant qui n’est pas pour déplaire.

 

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Jacques est un anti-héros calculateur qui n’aurait rien de sympathique sans son amour pour sa sœur, son enfance perturbée (loin de tout excuser pour autant) et surtout son fond qui n’a rien de mauvais. Il y a là une impression d’intimité avec ce jeune garçon. Presque de l’attachement. Et, jusqu’à ce que la fin arrive, cette BD nous laisse avec une délicate et désagréable sensation de prévisibilité. Parce qu’il aura suffi d’une mauvaise rencontre…

 

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La narration à la première personne donne un ton particulier. Et bien qu’il s’agisse d’une BD, les dialogues ne sont pas majoritaires. Le narrateur, Jacques, nous parle directement par le biais des cartouches et nous plonge ainsi directement dans l’histoire, son histoire. L’immersion est instantanée et totale. D’autant que tous les détails nous remettent dans l’époque. C’est bon. Très bon ! Très très bon !

 

Dans mon village on mangeait des chats est une bande dessinées atypique réussie qu'on n'oublie pas. J’ai adorée !

 

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26/08/2020
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