Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Niccolo Ammaniti : Moi et toi

Moi et toi de Niccolo Ammaniti 4,5/5

 

Moi et toi (162 pages) est paru le 23 août 2012 aux Editions Robert Laffont.

 


 

L’histoire (éditeur) :

 

Une cave.
Un garçon pas comme les autres.
Le projet de se cacher aux yeux du monde plutôt que d'avouer une pesante solitude.
Et l'arrivée impromptue d'une étrangère.
Avec ces quelques ingrédients, Ammaniti construit une histoire à couper le souffle sur le plus simple et le plus impénétrable des mystères : comment devenir adulte.

 

Mon avis :

 

Court, fluide et original, Moi et toi entraîne le lecteur dans une histoire toute simple qui réserve bien des surprises. Celle d’un gamin qui (souhaitant simplement être comme tout le monde et avoir des amis) fait semblant d’être invité par une camarade de classe à passer une semaine au ski et qui, finalement, passe sa semaine caché dans la cave familiale, spécialement aménagée et ravitaillée pour l’occasion.   Lorsque sa grande (demi) sœur de presque 10 ans son aînée débarque, c’est la catastrophe. En plus de bouleverser sa tranquillité, elle risque de le faire démasquer….

 

Un peu cocasse, ce récit se révèle réaliste dans ses émotions et d’un grand potentiel pour toucher le lecteur. Lorenzo, le protagoniste, un bonhomme de 14 ans est touchant de simplicité et de complexité. Il a beaucoup de mal à trouver sa place en dehors de la famille. Pour tenter de mettre fin à la solitude il use de mimétisme. A la manière d’un animal (ou d’un insecte), il prend l’image de son entourage et donne l’image que les autres veulent voir de lui. Ainsi dans le moule, il est peu à peu accepté. Son asociabilité m’a énormément touchée. Loin d’être un sociopathe, c’est un garçon gentil et intelligent, qui souffre de ne pouvoir s’intégrer, cherchant à tout prix la normalité (tant attendue par ses parents). Il ne cadre pas avec les enfants de son âge et, même s’il s’est habitué à cette vie, son intégration dans le public fait ressortir un certain malaise et montre son immense solitude.

 

« La mouche avait réussi à berner tout le monde, parfaitement intégrée dans la société des guêpes. Ils croyaient que j’étais un des leurs. Rentrée dans le rang.

A la maison, je racontais à mes parents qu’au lycée tout le monde disait que j’étais sympa et j’inventais des anecdotes amusantes qui m’étaient arrivées. (…) Le sillon qui me séparait des autres se faisait de plus en plus profond. Tout seul j’étais heureux, avec les autres, je devais jouer la comédie. » Page 45

 

Niccolo Ammaniti a une écriture limpide, presque pudique. Il ne cherche pas à s’étendre sur une histoire familiale difficile, préférant focaliser son récit sur l’unique et véritable relation fraternelle que connaît son jeune personnage. On est d’abord un peu surpris par le manque d’implication. Mais au final, on est certainement plus touché par le dénouement (totalement imprévisible) qui arrive comme un coup de massue. Le lecteur se pose beaucoup de questions, qui n’ont pas vraiment tant d’importance en fin de compte, car ces 150 pages se suffisent à elle-même.

 

Moi et Toi est un joli récit. Bref, émouvant et sincère. Le lecteur voit ses sentiments et ses émotions évoluer entre l’agacement d’une grande sœur qui s’impose et l’inquiétude, voir la tristesse, lorsqu’il apprend un peu plus à la connaître. En quelques jours, et quelques pages, Niccolo Ammaniti explore les difficultés à se construire. On en ressort un peu troublé, voir bouleversé par tant de sensibilité.

 

Il serait vraiment dommage de passer à côté de cette tendre et sensible histoire qu’est Moi et Toi. Un de ces titres de la Rentrée Littéraire de 2012 qui aurait mérité plus de bruit peut être. Ça été pour moi une très agréable surprise !

 





18/06/2013
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