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Louise Millar : Petits goûters entre amies

Petits goûters entre amies de Louise Millar   3,5/5 (09-01-2013)

 

Petits goûters entre amies (407 pages), premier roman de Louise Millar, publié en avant-première chez France Loisirs en février 2012, est disponible à compter du 10 janvier 2013 aux Editions Presses de la Cité.

 

  

 

L’histoire (éditeur) :

 

Callie et Suzie, deux mères au foyer londoniennes, sont voisines et inséparables. Shopping, promenades, goûters : elles passent leurs journées ensemble et peuvent compter l'une sur l'autre à tout moment. Une amitié précieuse à Callie, qui élève seule sa fille de six ans, atteinte d'une malformation cardiaque. Mais lorsqu'elle décide de reprendre le travail, la jeune femme s'aperçoit que Suzie vit ce changement comme une trahison. C'est pourquoi elle préfère demander à Debs, récemment arrivée dans le quartier, de s'occuper de son enfant après l'école. Mais que sait-elle exactement de cette nouvelle venue au comportement étrange, contre laquelle Suzie la met en garde ?

 

Mon avis :

 

L’intrigue de Petits goûters entre amies est basée sur l’amitié qui unit Callie et Suzy. Ces deux femmes n’ont pas grand-chose en commun à part leurs enfants. C’est d’ailleurs la naissance des jumeaux de Suzy qui les a rapprochées il y a deux ans.  L’une (Suzy) est épanouie dans son rôle de femme au foyer, à s’occuper de ses trois jeunes garçons, de la maison et de son riche  époux. L’autre (Callie) galère dans son quotidien de mère célibataire, divorcé et sans emploi. Toutes les deux s’épaulent, se serrent les coudes et s’entraident. Cette amitié parait sincère. Elles sont inséparables et unies, mais on sent la force et la fiabilité s’étioler peu à peu quand Callie annonce  vouloir reprendre une activité professionnelle et quand Debs emménage au numéro 15 de la rue. L’arrivée de cette nouvelle et étrange voisine (également institutrice dans l’école maternelle  toute proche) apporte son lot de réactions en chaîne.

 

La comparaison  avec la série Desperate Housewives est facile car Petits goûters entre amies est un roman qui repose essentiellement sur les relations (féminines) de voisinage : non-dits, mensonges, menaces de mort, enfants terribles, copines fidèles, jalousie…  Il n’y a pas l’humour mais le suspense est bien présent. Comme dans la série, on se prend d’affection pour les deux protagonistes. Callie est une maman qui essaye de s’en sortir entre la reprise du boulot et une fille atteinte d’une maladie cardiaque. Elle est attachante. Mon sentiment pour Suzy est plus nuancé. Quant à Debs, qui apparaît d’emblée comme la foldingue, elle m’a autant effrayée que fait pitié.

 

Petits goûters entre amies est très bien ficelé. Les pages se tournent à une vitesse folle et l’histoire gagne en rythme  (la fin arrive même très vite). On se prend au jeu des suppositions et on prend plaisir à découvrir les secrets des habitants de cette banlieue londonienne. Les chapitres altèrent les points de vue des trois femmes, ce qui donne une vue d’ensemble plus précise sur le comportement de chacune. On sent très vite que quelque chose ne tourne pas rond dans ce petit coin, d’autant que le passé troublant et le comportement paranoïaque de Debs ne laissent pas indifférent. L’auteure ne manque pas de tromper le lecteur en disséminant quelques indices sur le passé de l’une ou de l’autre. Le dénouement est surprenant en bien comme en moins bien (je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus glauque).

 

En bref, j’ai passé  un bon moment avec ce roman. Avec son style fluide et son scénario bien pensé, Petits goûters entre amies est un thriller sympathique qui se lit agréablement.

 

« Un inconnu qui entrerait ici pour la première fois y reconnaîtrait un foyer. Mais en y regardant de plus près de plus près on n’y voyait qu’un vilain gros mensonge. Un endroit. Un espace entouré de briques, de plâtre, de verre et de tuiles. Un volume où évoluaient des gens qui se jouaient la comédie du bonheur, croyant s’être aménagé un nid bien à eux, plein de sens et durable au milieu de tout ce vide. Un foyer.

Mais ce n’en était pas un. Il ne s’agissait que d’une illusion. » Page 311



10/01/2013
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