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Carolyn Jess-Cooke : Le garçon qui voyait des démons

Le garçon qui voyait des démons  de Carolyn Jess-Cooke   4,75/5 (28-12-2013)

 

Le garçon qui voyait des démons  (350 pages) est paru le 11 septembre 2013, aux Editions JC Lattès dans La Petite collection Lattès.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Alex, dix ans, adore les toasts aux oignons et se balancer sur les pieds de sa chaise. Il a pour meilleur ami Ruen, un démon âgé de 9 000 ans, grand amateur de Mozart, de ping-pong et de pain perdu. 
Lorsque, après une nouvelle tentative de suicide de sa mère, Alex commence à se montrer violent, il est suivi par le Dr Anya Molokova, une psychiatre. Mère d’une petite fille schizophrène, Anya connaît bien ce genre de comportement et essaie de convaincre le garçon que Ruen n’existe que dans son imagination. Pourtant, face à d’étranges coïncidences, elle est prise de doutes : Alex est-il réellement victime d’hallucinations ? 

 

Mon avis :

 

Et bien quelle lecture ! Je ne m’attendais pas à une telle complexité dans la perception des choses en débutant ce livre.

On commence la lecture par le biais d’Alex Broccoli, un gamin de 10 ans qui vit seul depuis des années (depuis la disparition de son père) avec une mère dépressive et un vieux démon de 9000 ans appelé Rueen. Vient ensuite Anya Molakova, pédopsychiatre qui fête (façon de parler) le cinquième anniversaire de la mort de sa fille, et à qui l’on attribue le suivi du jeune Alex. Lorsque que sa maman commet sa quatrième tentative de suicide, Alex se retrouve vraiment tout seul et sa souffrance phycologique inquiète beaucoup les services sociaux. Aidée par Michael, elle va tenter de comprendre l’état d’esprit du gamin et l’aider à grandir au mieux dans un contexte familial délicat. Mais de curieux éléments viennent alors interférer son jugement : Rueen est-il une personnification des peurs de l’enfant ou un véritable être démoniaque ?

 

C’est au travers d’un récit à deux voix (dont celle d’Alex, avec ses mots d’enfant, ses ressentis, son innocence mêlée à grande maturité) que l’on essaye nous aussi de se faire une idée de la vérité, ou plutôt du vrai.

A la manière d’un thriller, assez angoissant (par son sujet) et dérangeant (par les thèmes abordés, le choix des protagonistes et de leur histoire personnelle), l’auteure explore admirablement les méandres de l’esprit humain. De manière simple et directe, et avec sensibilité, elle donne des explications relevant de la psychiatrie et d’un contexte géographique et historique précis (l’Irlande du nord et ses conflits entre catholiques et protestants que l’on connait). Ce texte m’a vraiment captivée, je ne m’attendais pas  à autant me prendre d’attachement pour les deux narrateurs et surtout à être prise autant dans cette histoire qui oscille entre imagination et réalité. Il n’est pas aisé de tout comprendre et de se faire une juste idée des choses, le besoin de mettre une explication sur les évènements pousse continuellement à poursuivre, autant que l’envie de voir le jeune garçon s’en sortir et être heureux. Sur fond de Belfast et des traumatismes liés à la guerre, l’auteure pointe le doigt sur certaines zones (à la limite du réel) que la science est incapable d’expliquer. Schizophrénie ou possession, toute la question est là et obsède du début à la fin.

 

En bref : Le garçon qui voyait des démons est une agréable découverte parue parmi les nombreux titres de la rentrée littéraire et qui est un peu passée inaperçue me semble-t-il. Dommage car c’est une bonne lecture (dévorée en un rien de temps) ! Et puis, à noter aussi : son prix. Un grand format à 12, 50 euros c’est appréciable, et encore plus quand il est bon.

Stellade est, je pense, du même avis.



04/01/2014
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