Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Leighton Gage : Le sang des maudits

Le sang des maudits  de Leighton Gage    4,5/5 (05-06-2014)

 

Le sang des maudits (368 pages) est sorti le 23 novembre 2012 aux Editions Télémaque (dans la collection Entailles). Il est disponible en format poche depuis le 2 janvier 2014, dans la collection  Thriller  des Editions Points (401 pages).

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Une mort très brutale attend, à sa descente d’hélicoptère, l’évêque Dom Felipe venu inaugurer la nouvelle église d’une province de l’État de São Paulo.
La police fédérale brésilienne missionne sur place l’inspecteur principal Mario Silva.
Il est plongé au cœur d’une lutte sanglante entre un cartel de gros propriétaires terriens, des syndicats d’ouvriers agricoles et la police locale, plus portée sur la torture que le maintien de l’ordre. Qui d’entre eux a pu oser assassiner un futur cardinal ?
Mario Silva doit sa vocation de policier à un drame intime épouvantable qui l’a marqué à jamais.
Il a vu lui aussi couler le sang des maudits.

 

Mon avis :

 

Voici le premier titre que je lis faisant partie des sélectionnés pour le prix du polar Points 2014. Je ne sais pas s’il arrivera en tête mais une chose est sûre il a de nombreux atouts et mérite vraiment sa place parmi les 9 titres de la sélection. Car Le sang des maudits  est un polar efficace qui retranscrit  sans pessimisme mais juste beaucoup de réalité un Brésil dirigé par la violence et la corruption. C’est dépaysant, inquiétant et intéressant.

 

La question qui dirige la lecture : Pourquoi Dom Felipe Antunes, évêque sur le point d’être nommé cardinal, a été abattu à son arrivé à Milagres, venu bénir la nouvelle église ? Sa mort va être le déclenchement d’un vague d’assassinats liés plus ou moins à une affreuse exécution qui a eu lieu un mois plus tôt. Aurelio Azevedo, leader de la région du Mouvement des « Sans Terre » a été retrouvé cloué à un arbre et sa famille massacrée.  La mort du prêtre a-t-elle un lien avec « la théologie de la Libération » qui propose une répartition plus juste des terres et des richesses (allant jusqu’à prôner une guerre sainte) ? C’est ce à quoi tente de répondre Mario Silva, inspecteur divisionnaire de la brigade criminelle fédérale, accompagné de son neveu Hector Costa.

 

J’ai beaucoup aimé ce premier polar de Leighton Gage (unique roman à avoir été traduit en France pour le moment). L’histoire est complexe (mais pas trop), soutenue, réaliste et vraiment prenante. De nouveaux éléments (informations, coups de théâtre, morts, révélations…) arrivent constamment et ne laissent aucun temps mort au lecteur. On avance à tâtons  dans les suppositions. La terreur (crime, drogue et corruption) qui règne dans le pays est terriblement bien retranscris. L’intrigue trouve aisément tout ce qu’il faut dans le contexte sociopolitique du pays pour nourrir efficacement l’enquête policière. Les voyous sont nombreux et de la pire espèce, alors on n’a finalement que l’embarras du choix pour trouver un coupable. Mais le pourquoi est omniprésent et le besoin de comprendre également.

 

Le style de l’auteur est sans concession (comme son protagoniste), vif et sans descriptions étouffantes. Avec cette première enquête, il met en place un personnage important récurrent dans ses romans suivants : l’enquêteur  Mario Silva. C’est un homme qui vit avec le poids d’une histoire familiale difficile et des blessures très profondes. Son passé a contribué à faire de lui un homme intègre, qui tente aujourd’hui de faire au mieux pour faire respecter la justice. Il semble froid mais sa vie, décrite en parallèle de l’intrigue policière, permet de mieux cerner sa personnalité et crée un vif attachement. Son histoire illustre l’actualité et le contexte post dictature semés d’injustices et de violence, et appuie l’ambiance malsaine et poisseuse du roman.

 

Je recommande vivement ce roman policier sur fond de contexte historique riche (et méconnue), très bien ficelé et dynamique. Loin du Brésil de la coupe du monde de football, Le sang des maudits apporte un autre regard sur le pays en embarquant le lecteur dans une sombre histoire qui ne semble se résoudre que par la violence.



12/06/2014
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