Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Jennifer Brown : Hate List

Hate List de Jennifer Brown      5/5  (27-05-2012)

 

Hate List (400 pages) est disponible depuis le 1er février 2012 dans la collection Wiz de chez Albin Michel. Ce roman de Jennifer Brown a reçu le prix du meilleur livre Young Adult de l'année par l'American Library Association et a été élu meilleur livre de l'année par The School Library Journal.

 


 

L’histoire (éditeur) :


"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

 

Mon avis :


Hate List aborde un sujet sensible actuel, celui des fusillades (américaines ou autres) survenant dans les écoles. Jennifer Brown soulève évidemment les causes qui ont amenées à un tel événement (le harcèlement moral et physique dont sont victimes bon nombres d’élèves) mais ça ne m’a pas semblé être la trame principale du livre.

 

Les thèmes évoqués sont variés et délicats. D’abord, la culpabilité, qui n’est pas seulement une histoire de rapport judiciaire. Etre non coupable aux yeux de la loi ne signifie pas que vous l’êtes aux yeux de ceux qui vous entourent mais non plus à vos propres yeux. Valérie doit faire avec son sentiment de faute (d’avoir ouvert la liste de la haine et de ne pas avoir su prévoir et empêcher les actions de Nick).  Elle doit en plus affronter le regard accusateur des autres élèves qui ne voient en elle que l’instigatrice de cette tuerie, et pire encore celui de ses parents. Entre une mère dépassée et un père intolérant (certaines de ses paroles m’ont vraiment choquée), Val n’est pas vraiment aidée.

 

Forcément liés au sentiment de culpabilité, on retrouve aussi le thème du pardon et de l’acception des erreurs, et enfin, celui de  la reconstruction des victimes (directes ou indirectes). Outre la reconstruction physique, c’est avant tout psychologiquement que l’on voit évoluer Valérie. C’est une jeune fille touchante, qui a beaucoup souffert aussi bien avant qu’après le drame C’est d’ailleurs la souffrance qui est à l’origine de la liste. Au début, simple échappatoire, elle a fini ne plus la maitriser, engendrant toujours plus de haine. Aujourd’hui dévastée, pleine de doutes et de chagrin (elle a perdu son petit ami), elle essaye de reprendre en main sa vie grâce à l’aide de son psy. Le Dr Hieler tient effectivement une place importante dans sa guérison. C’est la seule figure d’équilibre, le seul adulte sur lequel elle peut s’appuyer. J’ai beaucoup aimé ce personnage et leur relation est très touchante.  

 

Hate List est un récit original. S’adressant principalement aux adolescents, l’auteure ne s’attarde pas sur la tuerie (évoquée juste à travers les articles de presse et dans  les souvenirs de Val) préférant mettre l’accent sur l’après drame. La construction du roman, qui peut paraitre décousue au début, se révèle très logique. Peu à peu la chronologie des événements prend forme pour arriver à une troisième partie linéaire, centrée sur le changement et portée vers l’avenir. Jennifer Brown éveille une forte émotion dans ces dernières pages. Elle amène à réfléchir sur les conséquences de la haine, les comportements de chacun et sur l’acceptation de l’Autre.

 

Conclusion : ne cherchez pas ici l’action, il n’y en a pas. Et pourtant, je peux vous assurer qu’une fois ouvert, vous serez pris dans le rythme de  l’intrigue. Je l’ai fini cette nuit, pratiquement lu en une journée. Tellement prise dans l’histoire, je ne voulais pas le poser avant la fin et une fois terminé j’en suis sortie toute bouleversée. Même si l’écriture est un peu fade, j’ai adoré cette lecture, aussi bien pour son histoire (toute en émotion et en sensibilité) que sa construction.  

 

 

« Oui, j’avais transformé Maman. J’avais transformé son rôle en tant que parent. Son objectif dans la vie n’était plus aussi évident et défini que le jour où je suis née. Son rôle n’était plus de ma protéger contre le reste du monde. C’était de protéger le reste du monde contre moi. C’était trop injuste. » Page 216

 

  

Allons maintenant découvrir ce qu’en ont pensé Zoé, misslecturedu78ElenahTousleslivreslivromaniac et Cajou …



27/05/2012
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