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Christine Féret-Fleury : la Trace

La Trace de Christine Féret-Fleury     3,5/5 (03-07-2012)

 

La trace (252 pages), roman de la collection Black Moon, est paru aux Editions Hachette le 6 juin 2012. Je tiens à remercier les Editions Hachette pour m’avoir permis ce partenariat (via Livraddict).

 


 

L’histoire (éditeur) :  

 

Il y a Rébecca Lefèvre. La petite cousine française. Signes particuliers : néant. Et puis il y a Sarah LeFebvre, l'Américaine. Sarah qui réussit tout ce qu'elle touche. Sarah qui va se marier. Sarah que Rébecca aimait jusqu'au jour où elle lui a présenté son fiancé, le bel Adrian, pour qui Rébecca a eu le coup de foudre. Voilà Rébecca forcée de jouer les demoiselles d'honneur. Sauf que devant l'autel, Sarah fait demi-tour, saute dans sa voiture, et embarque avec elle Rébecca et Lavinia, sa grand-mère si distante et soudain si proche. Les trois femmes tracent leur route, Sarah pour fuir son passé, Lavinia pour le retrouver, Rébecca pour se trouver. Mais un serial-killer est à leurs trousses. Un meurtrier qui guette Sarah depuis la nuit des temps.

 

Mon avis :

 

La trace est un roman jeunesse qui ne manque pas d’intérêt. L’écriture de Christine Féret-Fleury est très plaisante et ce roman a l’énorme avantage de mélanger les genres, pouvant ainsi tenter et séduire un plus large public. Classé dans la section thriller, on y trouve aussi un soupçon de surnaturel et de fantastique (avec l’évocation de sorcières) et une bonne dose de recherche de soi (peut-on parler de roman d’apprentissage pour un personnage de 69 ans ?...). Il va indéniablement ravir les jeunes avec son scénario à rebondissements où le suspens a largement sa place. L’auteure a le mérite d’avoir très bien manié la tension jusqu’aux dernières pages où le dénouement est inattendu et répond parfaitement aux attentes des lecteurs de thrillers.

 

De plus, il donne l’occasion de réfléchir sur ses choix et ses décisions. C’est d’ailleurs ce sujet qui m’a le plus intéressé, alors qu’il s’agissait de la partie serial-killer version Thelma et Louise qui m’avait donnée envie de découvrir ce titre. Les trois personnages féminins ne sont pas à leur place dans leur vie. Cette brusque fugue est l’occasion de se remettre en question et de prendre enfin sa vie en main.

Par contre l’aspect fantastique avec les procès de Salem de 1692 est très (trop) évoqué et ensuite bien vite abandonné. Les passages en italiques veulent justifier la logique de l’assassin mais je me suis posé beaucoup de question là-dessus et le manque de réponse s’est cruellement fait sentir. Ca ne permet pas réellement de comprendre la folie du meurtrier dont la psychologie n’est, pour moi, pas assez développée.

 

Christine Féret-Fleury a bien construit son roman. Malgré un début un peu difficile pour moi (je n’arrivais pas à renter dans l’histoire), la suite a filé toute seule. Elle alterne les points de vue des cousines Sarah et Rebecca mais également celui du tueur qui est à leur trousse. La narration est rapide. Il y a de l’action en continue, les phrases sont courtes, la mise en page aérée et l’auteure ne s’attarde pas avec des descriptions (quel dommage quand même, j’aurais aimé me faire transporter dans les paysages américains de la célèbre route 66).

La carte du mystère marche assez bien. Le lecteur est entraîné dans la fuite et le avance au rythme des questionnements : pourquoi fuient-elles ? Qui cherche à leur faire du mal ? Pourquoi Lavinia est-elle  montée avec les cousine dans l’auto ? Qui est cet homme complètement cinglé dont les pensées nous sont révélées ?

 

L’auteure a eu la bonne idée de mettre au même niveau Sarah, sa cousine Rebecca et sa grand-mère Lavinia, dont le point commun est de se chercher et de s’affirmer. J’ai un peu moins accroché avec les personnages plus jeunes, n’ayant pas vraiment ressenti de compassion pour Sarah et une certaine antipathie pour Rebecca, ce qui ne m’a pas empêché de leur souhaiter une issue positive. Lavinia quant à elle, est un beau personnage dynamique, qui apporte des surprises à l’intrigue. Elle se livre peu à peu au fil de la route apportant une sincérité qui m’a touchée. Il y a, par contre, peu de personnage masculins. A part Adrian (le marié) ils ne sont pas mis en avant.

 

La trace est au final une double surprise. Aussi bien les personnages que l’intrigue ne sont clairement prévisibles au début du roman, qui me semblait si ennuyante. Un roman à déguster pendant les vacances entre deux lectures plus légères.

 

 



07/07/2012
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