Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Chris Colfer : Struck

Struck, comment foudroyer sa réputation en un éclair de Chris Colfer   3,5/5 (12-05-2013)

 

Struck  (302 pages), publié aux Editions Michel Lafon, sera disponible à partit du 16 mai 2013.

 

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

Carson Phillips est prêt à tout pour entrer dans la fac de ses rêves… et par la même occasion,  laisser derrière lui une mère dépressive et une ville misérable. Même s’il lui faut, pour appuyer sa candidature, lancer seul un magazine littéraire.

Malheureusement pour lui, les étudiants ne semblent guère capables d’écrire autre chose que des textos. Qu’à cela ne tienne, l’adolescent est aux aguets, et surtout il n’a plus rien à perdre. Après tout, qu’arriverait-il si le beau gosse du lycée apprenait que sa petite copine pom-pom girl couche avec le coach dans son dos ? Ou que la première de la classe n’hésite pas à envoyer des photos d’elle nue à n’importe qui sur Internet ? Pour parvenir à ses fins, Carson a une nouvelle stratégie toute trouvée : il se transforme en maître chanteur. Mais à force de jouer les corbeaux, ne risque-t-il pas de se brûler les ailes ?

 

Mon avis :

 

Et bien voilà un titre jeunesse des Edition Michel Lafon qui risque de faire du bruit. D’abord parce que l’adaptation ciné sort le mois prochain et devrait plaire à pas mal d’ado, que l’auteur du bouquin n’est autre que Chris Colfer (premier rôle de la série Glee)  et aussi quand même parce que le bouquin est bien sympa.

 

Carson, le narrateur, est de ces personnages que l’on aime, auquel on s’attache et à qui souhaite du positif, et aussi de ceux que l’on déteste (il n’y a qu’à voir ses camarades de lycée…). Il est sarcastique, imbus de sa personnes, cynique, désabusé, prétentieux … Bon, il n’a pas vraiment tout pour lui. Il vit à Clover, un modeste patelin de banlieue, peuplé de bouzeux sans ambition (si vous cherchez : « Allez au coin de Rien et de Nulle part, tournez  gauche et vous tomberez sur Clover. » page 12) et ça croyez-moi ça n’aide pas. C’est un gosse de parents divorcés dont le père est absent et la mère…aussi ! Bon, en fait pas si absente que ça, puisqu’elle semble être incrustée dans le canapé, totalement sous l'emprise de l’alcool et des médoc. Ajoutez à cela, un génie totalement incompris et inaccepté par ses camarades, qui l’ignorent, voir le haïssent. Tout cela donne une vie de merde. Celle de Carson Phillips (dont je ne vous dirai rien sur l’origine de ce prénom…).

Et pourtant, ce gosse est bourré d’espérance. Son but ultime : quitter sa ville natale en devenant journaliste, et plus précisément, rédacteur en chef du magazine New Yorker. Mais en attendant l’acception de son dossier pour Nethwestern,  il doit aller au lycée et continuer avec assiduité ses activités de rédac en chef du journal et président de l’atelier d’écriture de l’école. Deux clubs qu'il dirige avec plaisir depuis la seconde, même si le premier n'est suivi que par ceux à qui il manque des points pour valider leur année, et le second par…personne. Ah si, par Malerie, mais on ne peut pas vraiment dire que ça compte. Quand je vous dis que sa vie est lamentable ! 

Quand l’idée de monter un nouveau club (un magazine littéraire, beaucoup plus professionnel et positif pour son dossier), il tente de recruter des membres mais doit faire face à une humiliation publique. Qu’à cela ne tienne, Carson a des dossiers et il n’hésitera pas à les utiliser pour arriver à faire marcher son entreprise littéraire !

 

Struck est écrit comme un journal. Cette spécificité permet de se prendre rapidement d’affection pour le narrateur et, malgré ses principaux défauts, de s’en soucier. On a l’impression de faire partie de son quotidien, d’être en quelque sorte son confident. Son coté antipathique mis de côté, c’est un personnage assez sympa, doué d’une sacrée persévérance et d’une grande force intérieure (et il en faut pour survivre à son quotidien d’outsider). La relation avec sa grand-mère devient le contre-pied de son côté cynique et nous montre une autre facette de sa personnalité.

 

« Je me suis habillé, je suis allé dans le séjour, et sans surprise, j’ai trouvé ma mère K-O sur la canapé. Il n’y a qu’elle pour vous donner l’impression que chaque matin est un lendemain de fête avec les Guns N’Roses, alors que je sais bien qu’elle n’a fait que regarder une rediffusion d’Au fil de la vie la veille. (…) Chaque jour j’ai peur que la lumière lui fasse prendre feu, tant elle est imbibée. » page 27

 

Le style, très oral, est marqué par son ton acerbe. On passera sans souci le fait que l’écriture de Chris Colfer ne montre pas plus d’originalité que ça. Struck est une lecture d’adolescents bourrée d’humour. L’ensemble des personnages secondaires forme un beau tableau de l’adolescence tout en clichés (la gothique, la peste, le sportif (qui n’est que sportif !), la fille un peu limitée (mais qui réserve des surprises), la pom-pom girl, le riche-con, le fils spirituel de Bob Marley…), et les adultes ne sont pas en reste.

 

Le plus gros défaut du livre je pense est son dénouement. La fin arrive beaucoup trop vite. Même si l’idée d’ensemble est vraiment pas mal, on sent comme une frustration en arrivant à l’épilogue. Ce roman montre comment l’envie de réaliser son rêve peut donner des ailes…ou du moins motive suffisamment pour utiliser tous les moyens (et peut être pas forcément les meilleurs) pour arriver à ses fins, mais aussi la cruauté de l’adolescence. Struck est un livre plein d’humour (merci le ton sarcastique !) mais qui se révèle finalement assez triste.

 

« Les jeunes et les rêves sont comme des bébés tortues sur la plage. Leurs œufs éclosent et elles doivent se précipiter vers l’eau avant de se faire bouffer par les oiseaux. Nous avons tous les yeux  rivés sur l’eau, mais il n’y a que quelques bienheureux qui y arrivent sans dommages. La vie a ses façons de fondre sur nous et de nous piquer les forces et les espoirs qui nous motivent. » Page 224

 

Ah oui, j’allais oublier…Struck est l’occasion unique pour vous de découvrir aussi la vérité sur la chanteuse Adèle ou encore sur l’inspiration de Suzanne Collins (auteure du célébrissime Hunger Games). Donc, en plus de son côté humoristique, voilà encore une raison de ne pas passer à côté ;-)



12/05/2013
12 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 282 autres membres