Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Trevor Shane : Enfants de la Paranoïa

Enfants de la Paranoïa de Trevor Shane      5/5 (19-05-2012)

 

Enfants de la Paranoïa (368 pages) est le premier volume d’une trilogie,  disponible aux Editions Michel Lafon depuis le 12 avril 2012.

Une page Facebook et une page officielle sont disponibles pour suivre toute l’actualité  du livre.

 

 

Toute la publicité faite pour sa sortie était parfaite : des exemplaires dispersés dans Paris la veille de sa sortie, une couverture jaune flashy super mystérieuse...  Ou comment éveiller la curiosité sans absolument rien révéler ! Et je peux même vous dire qu’il était à la hauteur de cet excellent roman.

 



L’histoire (éditeur) : J’ai fait le choix de cacher un élément qui risque de spoiler légèrement la lecture…


Règle un : on ne tue pas les innocents
Règle deux : on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans

Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux anciens clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés : des assassins endoctrinés et entraînés dès leur plus tendre enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires : des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Plongé dans la brutalité depuis sa naissance, il ne connaît qu'une réalité : tuer ou être tué. Mais lors d'une réunion dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade tendue par l'ennemi. Échappant de peu à ce piège mortel, Joseph se réfugie à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de seize ans. Pour la première fois, son esprit froid et impitoyable chancelle. S'il veut sauver la femme qu'il aime, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et les gens qui ont combattu à son côté. Osera-t-il transgresser les règles et protéger une autre vie que la sienne ? Une seule vérité demeure : le premier à tuer est le dernier à survivre. Toutes les guerres ont des règles. Si vous les enfreignez, vous devenez la cible.

 

Mon avis :


On entre dans le vif du sujet dès la première page en suivant  Joseph, dit Joe, en plein filature jusqu’au meurtre de sa cible. C’est son quotidien. A l’âge de 16 ans, il a été endoctriné et formé pendant 2 ans pour intégrer le conflit qui oppose deux camps : le Bien et le Mal. Depuis sa majorité, il exécute les ordres et tue sans discuter. Mais après des années de travail, il s’essouffle et perd peu à peu la haine qui le guidait. Sa rencontre avec Maria, lors d’une mission, accentue sa fatigue et l’amène à se poser des questions (plus que légitimes) quant à l’utilité de son rôle et les raisons de cette guerre.


Tout en reposant sur une idée de base très simple, l’intrigue est à la fois originale et crédible. Deux camps se font la guerre depuis des générations. On ne sait pas vraiment grand-chose sur l’histoire de cette guerre, juste qu’elle est incroyablement organisée et dictée par des règles que chaque camp respecte scrupuleusement. Très rapidement le récit conduit à se poser la question : Pourquoi ? Et plus généralement à se questionner sur l’origine de la violence.

 

L’écriture de Trevor Shane est très entrainante et elle va à l’essentiel. Enfants de la paranoïa est captivant. Il a le mérite de nous emporter dans une intrigue où il est impossible d’en sortir. Il y a beaucoup d’action, ça va vite, le suspens est omniprésent et surtout il éveille énormément de sentiments : haine, amour, peur, colère, tristesse. La tension va crescendo mais pas autant que les émotions. La fin est juste incroyablement bouleversante.


J’ai beaucoup aimé le style utilisé par l’auteur pour nous entrainer dans l’univers du « héros ». Le lecteur est plongé dans le journal qu’écrit Joseph pour Maria, dans lequel il lui livre son histoire. L’utilisation de la première personne permet de connaître ses pensées, ses incompréhensions et ses doutes.  Joe a beau être un soldat très professionnel, ses confidences le font apparaitre comme dépassé par cette guerre, dont il est prisonnier par héritage,  et le rendent sincère et humain. Ainsi, bien qu’il commence son récit par le meurtre d’une mère de famille, je me suis vite attachée à lui.


Le fait qu’il s’adresse directement à Maria donne envie de la découvrir. Même si on se doute du rôle qu’elle aura dans la vie de Joe (et que l’amour y mettra son grain de sel),  je n’ai ressenti aucun cliché dans leur relation. Bien au contraire, leur histoire prend un tournant que je n’ai pas vu venir. Maria ne fait partie d’aucun des camps, c’est une civile, une innocente (dont la vie n’est, en principe, pas en danger) et c’est d’un œil extérieur qu’elle appréhende le conflit. Elle se pose les mêmes questions que le lecteur. Son raisonnement est juste et donne à Joe une nouvelle vision de son avenir. Malheureusement, tout n’est pas toujours juste et toute règle enfreinte entraine des conséquences auxquelles ils vont devoir faire face. Après avoir subi les événements tout au long du roman, Maria est devenue, dans la toute dernière partie du roman, une femme déterminée au point de nous laisser envisager un tome deux percutant.


On retrouve bien évidemment d’autres personnages  qui  se révèlent assez surprenant (aussi bien un bon qu’en mauvais) : la mère de Joe, Jared son ami d’enfance et Matt son contact. Tout ça pour accentuer l’atmosphère de paranoïa….. dans laquelle je vous conseille de vous plonger au plus vite !


«  La paranoïa. Un outil essentiel dans ma profession. On m’avait très tôt enseigné que seuls les paranoïaques s’en sortaient. Il suffit de baisser sa garde ne serait-ce qu’un instant pour que cet instant soit le dernier. »  Page 22 

 




23/05/2012
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