Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Tamara McKinley : L'or du bout du monde

L'or du bout du monde (Oceana, tome 3) de Tamara McKinley  4,5/5 (08-05-2014)

 

L'or du bout du monde (477 pages) est paru le 7 mai 2014 aux Editions L' Archipel.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

1850. Ruby et son mari James – les descendants des premiers pionniers venus conquérir l’Australie – doivent eux aussi braver les dangers pour faire leur cette terre âpre.

Afin d’assurer leur fortune, James est tenté par la ruée vers l’or. Il entraîne Ruby dans cette vie aventureuse. Mais bientôt, la jeune femme découvre qu’elle doit s’allier avec Kumali, une Aborigène, et apprendre à s’adapter pour survivre dans ce milieu hostile. Pendant ce temps, de nouveaux arrivants débarquent sur les rives australiennes, dont un Tahitien au mystérieux passé, une maîtresse d’école jeune et naïve… Aucun ne sait que désormais leurs destins seront liés à jamais.

Des fortunes se font. Mais l’expansion rapide n’est pas sans créer rivalités, jalousies et tensions sociales. Avec cependant pour conséquence positive la naissance d’un sentiment national.

 

Mon avis :

 

Troisième et dernier opus de la série Oceana, L’or au bout du monde (qui peut parfaitement se lire indépendamment, soit dit en passant) est un roman foisonnant qui ne manque ni d’intérêt ni de clarté. Chaque page est riche de révélations, d’événements, d’action, de sentiments, de personnages… Forcément, je ne me suis pas ennuyée une seconde et ne lui ai pas trouvé une seule longueur, et la foule de détails et les nombreux protagonistes ne m’ont pas donné une fois l’impression d’être perdue ni submergée par cette richesse. J’ai été tellement captivée par l’histoire (ou plutôt les histoires) que j’ai dévoré ce livre en deux jours (478 pages, quand même !), portée par la plume de Tamara McKinley, que je découvrais ici.

 

Dans L’or au bout du monde, on suit Ruby (une jolie rousse au tempérament de feu), fraichement mariée à James  (qui ne tarde pas à montrer son vrai visage), avec qui elle décide (l’esprit enflammé par les récits de Nell, sa grand-mère pionnière) de s’installer au-delà des Montagnes Bleues, dans d’immenses pâtures à des semaines de routes à cheval pour  élever des moutons. Kumali l’accompagne. Cette aborigène de 15 ans a choisi de vivre libre mais traquée jusqu’à sa rencontre avec Ruby qui lui offre une nouvelle vie.

Dans la vallée de Hunter (à 150 km au Nord-Ouest de Sydney), Jessie Searle, 19 ans, prend ses fonctions à la mission de Lawrence Creek, contrainte de mener une vie rude, exclusivement tournée vers son travail d’institutrice et les travaux ordonnée par M. Lawrence, tout en rêvant ardemment à l’amour sur ces nouvelles terres.

Dans la baie de Watson, à Sydney, après 30 ans d’absence, Harry Cadwallader (comte de Kernov, en Cornouailles) retrouve son frère Oliver, maintenant propriétaire d’un magnifique domaine, mais qui cache  tout de même quelques difficultés financières liées à de mauvais investissements.

Et enfin,  nous suivons  Hina Timanu, un tahitien de 28 ans qui a quitté sa terre natale et celle qu’il aime pour amasser suffisamment d’agent pour pouvoir l’épouser, mais qui risque de ramener bien plus…

 

Tout cela fait beaucoup de monde à suivre (et encore vous êtes loin du compte car je ne vous parle là que de la partie visible de l’iceberg), c’est vrai mais ça se fait avec une grande fluidité. L’auteure passe d’une intrigue à l’autre (avec  à chaque changement une indication de lieu et de temps) et donne beaucoup de punch à l’histoire. Car même si ce n’est pas linéaire, on devient vite accro à toutes ces intrigues qui s’entrecroisent, à ces personnages qui se rencontrent et se mélangent sur une terre australienne décrite avec amour et respect.

De 1849 à 1856, on apprend à connaître ces hommes et ces femmes si différents les uns des autres. Du fermier aux riches héritiers, on côtoie avec autant de plaisir l’aborigène (dont on découvre l’histoire difficile liée à la colonisation), la simple institutrice ou encore les orpailleurs désireux de trouver fortune.

 

L’auteure ne se lance pas spécialement dans un travail d’écriture sur le contexte historique, préférant laisser la saga familiale au centre de son roman. Et pourtant, l’histoire australienne se dessine merveilleusement au travers de ces destins passionnants. J’ai aimé y découvrir toutes les informations distillées dedans : conditions des aborigènes, rudesse du continent, ruée vers l’or… Et je me suis attachée à certains personnages (plus qu’à d’autres). Ruby et Jessie, les deux personnages féminins forts du livre, et Hina, plus en retrait mais tellement bon, ont été mes chouchous et m’ont procuré le plus d’émotions (certains passages ont soulevé tristesse et énervement et d’autres beaucoup de joie).

 

En bref : ces quelques années passées aux cotés de tous ces personnages a été un pur plaisir. J’ai vu l’Australie sous un autre jour, loin des paradis des côtes et des paysages luxuriants. Elle apparaît impitoyable mais se révèle aussi riche de promesses. C’est ainsi que Tamara McKinley  clos sa saga en mettant au même niveau l’importance du passé, de son histoire et de ses croyances, tout autant que le fort sentiment qui nait avec la construction de l’Australie.

 

« Péninsule de Gallipoli, Turquie, 1916

S’ils tombaient aujourd’hui, on se rappellerait leurs exploits, on raconterait leur histoire…Quant à l’Australie, elle se débarrasserait enfin des fers de bagnard qui continuait de cliqueter à ses chevilles et, dès lors, elle marcherait la tête haute, car sa jeunesse aurait versée son sang en terre étrangère. Comme la mémoire des pionniers qui avaient donné leur vie pour ce drapeau et cette nation, le sacrifice des soldats australiens de la Grande Guerre ne serait pas oublié. » Page 478 

 

Un immense merci aux Editions Archipel pour ce dépaysement et pour une rencontre hors du commun !

 

 

Pour fêter la sortie du dernier roman de Tamara McKinley, la maison d'édition a organisé un dîner à Paris en présence de l'auteure. Le rendez-vous est pris lundi 12 mai à 20h au Pain Quotidien, accompagnée de Ludivine du blog Les lubies de Ludi. Pour découvrir cet incroyable moment, c'est par ici.



08/05/2014
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