Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Pit Agarmen : La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde de Pit Agarmen    5/5 (28-08-2012)


La nuit a dévoré le monde (230 pages) est sorti le 23 août 2012 aux éditions Robert Laffont. Pour info : un blog autour de l’auteur et une page facebook sont disponibles.

 

 

L’histoire (éditeur) :


Depuis longtemps, l'homme a atteint le stade ultime de la décadence et de la cruauté. Il n'y avait sans doute qu'un pas pour qu'il se transforme en monstre...
Une épidémie a changé la plupart des êtres humains en créatures démoniaques, avides de chair et de sang. On a vite compris leur nature : ce sont des zombies. Rien n'a pu les arrêter, ni la police, ni l'armée. Ils ont tout ravagé. Antoine Verney est un survivant par hasard. Il n'a rien d'un héros. Il se retrouve à la fois prisonnier et protégé dans un immeuble parisien, alors que dans les rues les morts-vivants pourchassent les derniers humains. Du haut de sa tour, tel Robinson sur son île, Antoine apprend à survivre et se confronte à la terreur. Armé d'un fusil, il découvre avec surprise qu'il peut tuer et qu'il a même un certain talent pour ça. C'est un double combat qu'il va devoir mener, pour s'inventer une nouvelle vie et ne pas sombrer dans la folie.

 

Mon avis :


La nuit a dévoré le monde est un livre FRANCAIS sur les zombies. Je tenais  à le préciser parce que l’intrigue se déroule à Paris (même si toute la France -voir le monde- est touchée) et qu’habitant juste à côté et connaissant très bien cette avenue je me suis facilement projetée aux côtés d’Antoine Verney.


Pour vous situer l’histoire : Antoine Verney, 26 ans,  écrivain de romans à l’eau de rose (24 romans à son actif) est à Pigalle chez son amie Stella qui organise une soirée mondaine. N’ayant trouvé aucun allié pour partager une quelconque discussion et ayant un peu forcé sur l’alcool, il s’écroule de sommeil dans la bibliothèque sur la pile de manteaux entassés sur le canapé. A son réveil, les manteaux n’ont pas bougé, le silence règne et la tapisserie a brusquement changé de couleur en rouge. C’est bien du sang qui couvre les murs et le sol, et un corps sans tête est étalé sur le sol. Quand il ouvre la fenêtre c’est une image de fin du monde qui s’ouvre à lui : des hommes tirent, des hommes fuient et des hommes attaquent d’autres hommes, les déchiquètent, les dévorent.  Cloitré seul dans l’appartement de Stella, une semaine s’écoule avant qu’il ne se reprenne en main et qu’il se lance dans l’écriture de ce journal. Nous sommes le 8 mars.


« Un nouveau monde commence. Une nouvelle Amérique est née, et nous en sommes les Indiens. » page 21


 « Je ne ressortirai plus. Je suis un Robinson, les zombies sont mon océan. » page 71


Le lecteur découvre au fil de son récit, l’avancée des événements du haut de l’appartement  (devenu sa forteresse) : les rescapés (qui tentent de fuir sans succès) se font de plus en plus rares voir inexistants, la fin des informations et de l’électricité, la recherche de vives, l’instauration de routine,  la quête de  sociabilité (chat, plantes, zombies…)…. Antoine Verney essaye de survivre aux créatures qui trainent trois étages plus bas, à la peur et à la démence. Il réfléchit beaucoup sur sa vie d’avant (son travail, ses amis, son ex-relation avec Noémie) et s’occupe : ménage, écriture, horticulture. Tout est bon pour trouver du réconfort et de l’espoir.


« Je suis heureux de renouer avec mon métier. Si j’écris un roman, c’est que j’ai l’espoir que quelqu’un le lira un jour : je n’ai pas abandonné l’idée de croiser un survivant. » page 150


Pit Agarmen (ou celui qui se cacher derrière ce pseudonyme) a donné un bon coup de neuf à la littérature zombiesque. Son roman n’est pas véritablement un livre centré sur l’horreur de l’invasion zombie mais plus sur la recherche de soi (accentué par le choix du huis clos). Teinté d’humour et d’ironie,  La nuit a dévoré le monde est une réflexion sur la condition humaine, sur la folie, sur la solitude (et l’absence de contacts) qui en plus d’avoir beaucoup d’intérêt, colle parfaitement à l’intrigue.  Mais ne vous y trompez pas, le stress reste au rendez-vous.


Antoine Verney est le seul rescapé (et le représentant) de l’espèce humaine. Il incarne la civilisation. Ce n’est pas un combattant ni un vaillant, simplement un homme. Ses réactions sont parfois surprenantes mais justes tout comme ses sentiments.  Il écrit sa vision de la société (assez tranchée-bon en même temps il était du genre plutôt asocial) et ses idées sur la cause de l’épidémie.


« la nature a mis du temps avant de nous concocter un adversaire à notre mesure. Les tigres à dents de sabre, la peste, la grippe, le sida n’avaient pas réussi à nous anéantir. Finalement, la nature nous a éliminés à l’aide de versions monstrueuses de nous-mêmes. (…) Et puis, il faut dire : les morts-vivants sont plus civilisés que nous. L’air est moins pollué, les animaux respectés. » page 215


Voilà un roman (trop) court qui se lit avec une grande facilité (même pour ceux qui ne sont pas adeptes des romans d’horreur et de morts-vivants). L’écriture est fluide et plus profonde que la plupart des autres romans du genre. J’ai beaucoup aimé ce titre par son sujet (mais ça ne regarde que moi) et surtout par sa profondeur. C’est très réussi. Je n'en ai fait qu'une bouchée, car une fois commencé, il est impossible à lâcher. 

Un conseil : Lisez-le !

 Un grand merci aux Editions Robert Laffont 

 




29/08/2012
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