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Lisa O'Donnell : Le doux venin des abeilles

Le doux venin des abeilles de Lisa O'Donnell  4,5/5 (07-02-2013)


Le Doux venin des abeilles (362 pages), premier roman de Lisa O’Donnell, sera disponible dès le 14 février 2013 aux Editions Michel Lafon.


 


L’histoire (éditeur) :


« Aujourd’hui, c’est la veille de Noël. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Aujourd’hui, j’ai quinze ans. Aujourd’hui, j’ai enterré mes parents dans le jardin. Personne ne les regrettera. » 
Après la mort brutale de leurs parents, Marnie, quinze ans, et sa petite sœur Nelly décident de poursuivre leur vie comme si de rien n’était, bien que chacune d’elle soupçonne l’autre de les avoir assassinés. Personne ne semble se douter de leur sort. Excepté Lennie, l’homme qui vit dans la maison voisine. À force d’observer leurs faits et gestes, il finit par remarquer que les deux jeunes filles sont livrées à elles-mêmes, et les prend sous son aile. Au fil des mois, amis, voisins et autorités – sans compter le dealer du coin qui en a toujours après leur père – commencent à poser des questions. Et un mensonge en entraînant un autre, Marnie et Nelly s’embourbent dans une aventure qui pourrait leur coûter bien plus qu’elles ne peuvent payer. 

 

Mon avis :


Voilà un très bon roman où l’espoir trouve doucement sa place dans la réalité trop cruelle.


La veille de noël, Nelly et Marnie enterrent leurs parents dans le jardin. Chacune est persuadée que l’autre a fait le coup, mais aucune des deux n’en parle. Elles se contentent de cacher les corps et justifier leur absence par un voyage en Turquie, afin de ne pas alerter les services sociaux, qui risqueraient de les placer séparément. Qu’ils aient abandonné leurs filles ne choque personne dans un premier temps. Toxico, alcolo, Gene et Izzy sont de piètres parents, incapables prendre leur rôle au sérieux, obligeant les gamines à se gérer elles même depuis toujours. Alors, à 15 et 12 ans, même orphelines, elles continuent à mener leur vie d’adolescentes. Marnie la plus âgée, enfant précoce déjà un peu portée sur la bouteille, est une tête qui enchaîne les bonnes notes sans même se donner la peine d’étudier. Elle travaille (d’abord pour régler les dettes de son père puis pour subvenir à leurs besoins) pour Mick le revendeur de drogue, passe beaucoup de temps avec ses amies Kimbo et Susie, et connait ses premiers amours. Helen, dit Nelly, sa petite sœur est plus secrète et renfermée, un peu tarée pour certains, elle utilise un vocabulaire plus soutenue que la moyenne et possède un don incroyable pour le violon. A la disparition de leurs parents, elles sympathisent avec leur voisin Lennie (un vieil homme homo, étiqueté pervers et pestiféré du quartier), avec qui elles découvrent la chaleur et l’attention d’un foyer, tout en restant sur leurs gardes. Mais peu à peu l’entourage cherche à savoir où est le couple, d’autant que de nombreuses personnes veulent à tout prix les retrouver : Mick et Vlado (les dealers à qui ils doivent du fric), Susie l’amie de Marnie qui devient de plus en plus tenace dans ses demandes de réponses et Robert T. Macdonald, leur grand-père maternel qui refait surface après avoir abandonné sa fille Izzy, et des années passées sans jamais avoir donné de nouvelles….Et à coté de tout ça, il y a Bobby, le chien du voisin qui passe son temps à déterrer les restes !


Plus on avance dans le roman et plus les choses se compliquent. La tension monte doucement, à mesure que l’on se prend d’affection pour ces deux gamines paumées, qui ne manquent cependant pas de ressources et de caractère. Tout d’abord troublantes voir même inquiétantes, elles deviennent vites touchantes. La construction à trois voix est magistralement orchestrée. Chaque chapitre (écrit à la première personne et étiqueté au nom du narrateur) est vraiment distinct par la forme et le ton utilisés. Notamment ceux concernant Lennie qui s’adressent directement à un tiers. J’ai beaucoup apprécié l’alternance des points de vue. On avance très vite dans l’intrigue, qui ne manque à aucun moment d’intérêt.

 

Lisa O’Donneell est très directe dans son style, elle ne prend pas de pincettes et l’écriture est incisive. Le portrait qu’elle fait de la société écossaise est vraiment très sombre (sexe, drogue, alcool, enfance niée et familles dysfonctionnelles dominent). On a beaucoup de mal à croire que Nelly et Marnie finiront bien, tant leur vie parait empoisonnée par leur entourage.  Leur environnement est plus que néfaste et ça ne s’arrange pas avec l’arrivée du grand père. Seul Lennie fait figure d’exception mais peuvent-elles vraiment compter sur lui et pour combien de temps ? Heureusement, on trouve de temps en temps des rayons de soleil, des notes de tendresse et de l’amitié. L’espoir et la rédemption (thèmes principaux du roman) s’installent au fil de la lecture. Leurs actes (d’ordinaire condamnables) passent finalement comme une chance pour elles de s’en sortir.

 

 

En Bref : son titre accrocheur, sa très belle couverture et son résumé énigmatique m'ont donné envie de le lire dès sa réception. Au final, Le doux venin des abeilles ne m'a pas du tout déçu et je vous conseille même sa lecture.



08/02/2013
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