Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Laurie Frankel : Adieu ! Ou presque...

Adieu ! Ou presque... de  Laurie Frankel  2,5/5 (03-04-2013)

 

Adieu ! Ou presque... (360 pages) est disponible à partir du 11 Avril 2013 aux Editions Fleuve Noir.

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

On dit que la mort nous sépare. Mais que se passerait-il si l'on pouvait rester en contact avec nos proches disparus ? Pour Sam, brillant informaticien de Seattle, cette idée ne relève pas de la magie, c'est juste une question d'algorithmes. Et d'amour fou. En effet, sa petite amie Meredith vient de perdre sa grand-mère, Livvie. Devant la détresse de celle qu'il aime, Sam décide de créer, à partir de correspondance de Livie, un logiciel qui enverrait des messages comme si elle était encore là, derrière l'écran. Le résultat est si convaincant et Meredith si heureuse d'avoir à nouveau Livvie "dans sa vie" que le couple décide de commercialiser le concept. Le succès de leur entreprise, RePose, est immédiat. Des personnes endeuillées se pressent chez eux pour feindre, le temps d'une conversation, que l'être disparu est toujours vivant. Mais rapidement, Meredith et Sam commencent à douter du bien-fondé de leur invention. N'est-il pas préférable de laisser quelqu'un partir pour de bon ? L'amour peut-il-doit-il-vraiment se poursuivre jusque dans l'au-delà ? 

Une histoire d'amour hors du commun qui défie la science et le destin...

 

Mon avis :

 

Adieu ! ou presque… aborde le processus de deuil dans un intrigue qui sort de l’ordinaire. Sam Elling, la trentaine, ingénieur en informatique, travaille dans une boite qui propose un site de rencontres. Le Big Boss souhaitant que son site se démarque des autres, Sam met au point un algorithme qui permet de trouver l’âme sœur (en dégageant la vraie personnalité des gens grâce aux données des comptes bancaires, emails perso…). Il teste son produit sur lui et fait ainsi la connaissance de Meredith Maxwell. C’est l’alchimie. Par contre, son idée (certes ingénieuse) n’est pas du goût du BB qui le licencie. Sam est alors totalement disponible pour Meredith qui vient de perdre sa grand-mère Livvie, qu’elle adorait. La tristesse liée à l’absence le pousse à réfléchir à une solution : et s’il était possible d’utiliser les bases de son algorithme pour mettre au point un programme permettant de converser avec l’image du défunt qui réagirait en fonction de son historique informatique (en utilisant encore toutes les données de ce dernier laissées sous forme de chats vidées, emails…). Meredith revit et passe de plus en plus de temps avec sa grand-mère, qui en vient même à la contacter !  Ils choisissent alors de créer la société RePose pour permettre aux personnes endeuillés de bénéficier de ce logiciel.

 

Sans pour autant  être un récit prévisible, je n’ai pas réussi à le trouver  passionnant. Il se lit bien, même agréablement par son style léger et fluide. Par contre, l’implication émotionnelle n’a pas été à la hauteur du sujet abordé. La mort et le deuil sont les thèmes majeurs du roman de Laurie Frankel qu’elle choisit d’aborder de façon originale et futuriste. C’est à la fois intéressant et innovant, mais son roman perd de sa crédibilité au fil des conversations vidéo entre les vivants et les disparus.

 

Adieu ! ou presque… donne une vision différente du deuil et soulève plusieurs questionnements liés à la perte d’un proche. Il donne à réfléchir sur comment vivre avec la mort d’une être cher, RePOse devenant une étape entre le chagrin et la résignation. Il y a, par la force du sujet, pas mal de passages délicats et d’une grande sensibilité. Mais il m’a manqué quelque chose. J’ai eu un mal fou à m’attacher (et même à m’intéresser) aux protagonistes. De plus, les personnages sont nombreux et manquent de profondeur. Sam et Meredith forment un couple sympa, mais trop sympa (mais bon sang, où sont vos défauts !). Il aura fallu un coup dur (au deux tiers du roman) pour me voir envahir brutalement par l’émotion (tant attendue) et me prendre d’affection pour Sam en particulier.

 

Pour ceux qui cherchent une lecture sans prise de tête et vite lue, Adieu ! ou presque… est peut-être ce qu’il vous faut.

 

« (…) Certains chagrins sont sans remède. Certains chagrins sont inguérissables.

- Alors qu’est-ce qu’il me reste faire ?

- Avoir du chagrin.

- Combien de temps ?

- Toute ta vie.

- Mais pourquoi les autres ne passent pas leur temps à mourir de chagrin ?

- Parce que les glaces à la crème sont quand même délicieuses, parce que le soleil brille même quand on a soixante-quinze ans. Parce que les films drôles font rire, parce que le travail peut rendre heureux et qu’une bière avec un ami c’est chouette. Et parce qu’il y a d’autres gens qui t’aiment.

 - Et ça suffit ?

- Rien ne suffit. (…) Mais tu as oublié ce qui fait le monde depuis toujours : l’amour, la mort, le deuil. (…) Tu t’es arrêté au pied du mur, tu y as bâti ta vie. Mais ça va. C’est là qu’on se retrouve tous, ou qu’on se rend. Il n’y a pas d’alternative, toutefois la place est grande pour bâtir une vie et tu n’y es pas seul. Bienvenue au pied du mur (…) page 340 



09/04/2013
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