Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Juliette Arnaud : Arsène

Arsène de Juliette Arnaud   3,5/5 (12-09-2012)

 

Arsène (185 pages) est le premier roman de Juliette Arnaud. Il est publié le 12 septembre 2012 chez Casterman, dans la collection Romans Grands Format (dès 10 ans).

 

 

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

Lorsque depuis sa fenêtre, Georges découvre sa nouvelle voisine, il est instantanément fasciné. Il faut dire qu’elle est fantastique, cette fille aux long cheveux dorés, surtout lorsqu’elle essaye désespérément d’accrocher un rideau, tombe de son tabouret et jure comme un charretier tout en écoutant du rock à plein volume ! Bon, maintenant, reste à attirer l’attention de la jeune femme pour avoir une chance de faire sa connaissance. Quand on est tout petit, même pour un élève de 6e et myope comme une taupe, ce n’est pas si simple de se faire remarquer… mais Georges a de la suite dans les idées: il parvient à la convaincre de lui confier la garde de son énorme chien, et met ainsi un pied dans sa vie. Se noue alors une insolite relation entre ces deux êtres que tout sépare...

 

Mon avis :

 

Arsène est une double découverte. D’une, je ne m’attendais pas du tout à recevoir ce livre, et de deux je ne savais pas que Juliette Arnaud s’était lancée dans l’écriture d’un roman. Je suis partie très enthousiasmée d’autant que je me souvenais de la pièce Arrête de pleurer Pénélope, dont elle est co-auteure, que j’avais vraiment appréciée. Avec un sujet ni masculin ni féminin, Arsène est un roman qui ne s’adresse pas à un public spécifique, simplement jeunesse. Son sujet est ordinaire et son protagoniste banal mais le tout forme un roman bien sympa.

 

Georges reçoit pour son entrée en sixième une paire de jumelle (pour observer les oiseaux). C’est un drôle d’oiseau qu’il aperçoit : une nouvelle voisine, jeune femme aux cheveux dorés aussi formidable que son idole Arsène Wenger, entraineur de l’équipe de foot d’Arsenal. Ni une ni deux, elle devient « Arsène » (on ne connaît d’ailleurs pas son prénom) et après une ou deux filatures, Georges se fait dog-Sitter chargé de Nadja, la chienne d’Arsène afin d’être au plus près d’elle. Principale occupation de Georges, Arsène est aussi sa première préoccupation, car elle rentre de plus en plus tard avec le regard triste.  Le voilà lancé, prêt à découvrir ce qui ronge sa belle voisine et à l’aider.

 

 

Il est bien attachant ce petit gars. Plein de complexes, simple, gentil (sans être idiot), protecteur, tourné vers les autres, Georges est l’ami idéal. Cette jeune femme a bien de la chance d’être sa voisine.  Les personnages qui gravitent autour de lui sont tous sympathiques. Ils m’ont rappelé ceux d’un dessin animé. Un peu poussés dans leur trait de caractère et stéréotypés. Comme la petite Lita, asthmatique non scolarisée, fan du Magazine de la Santé et qui voue une passion professionnelle à Docteur House. Touchante et un brin rigolote ! On retrouve aussi trois personnages adultes : le libraire Ali, Madame Cognet (prof renfermée adepte de polar) et M. Guedon, solitaire professeur d’EPS qui vit avec son chat Patrick.

 

Le récit de Georges est agrémenté de différentes interventions, qui se détachent de l’intrigue principale. Commençant toutes par « pendant ce temps dans la tête de…. », il y a celles de Mme Cognet qui voit en Georges le salut de la jeunesse, de Monsieur Guédon qui le déteste, et celles d’Ali. Ces intrusions permettent de voir autre chose qu’Arsène, de découvrir Georges d’un œil extérieur, plus « adultes » et de mettre un nom sur le mal d’Arsène. J’ai bien aimé ce changement de point de vue qui permet aussi d’alléger la narration du jeune garçon. 

Juliette Arnaud a utilisé un ton oral qui semble bien coller à l’histoire. On a vraiment la sensation d’écouter Georges nous faire part de son petit bout de vie mais j’ai malheureusement trouvé que l’écriture était un chouillat en dessous du niveau intellectuel d’un 6ème. Un peu trop simpliste et décalée par rapport à son âge. Si le fond de ses propos, fait d’interrogations pertinentes, est creusé, j’ai toutefois trouvé que c’était plus la forme d’un garçonnet de 7-8 ans. Les phrases sans doute un peu longues et difficile à digérer ont peiné considérablement ma lecture. J’ai bizarrement trainé à le lire, je n’arrivais pas à avancer. C’est vraiment dommage car le sujet est intéressant et bien traité.

 

Au final, Arsène est un livre jeunesse qui mélange tendresse, drôlerie, doutes et tristesse. Le tout est enfantin mais intelligent, abordant un thème délicat et qui met en avant les difficultés des adultes par le biais d’un jeune garçon de 10-11 ans et de sa fascination pour sa voisine. 

 

 

 

 



16/09/2012
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