Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Jodi Picoult : Pardonne-lui

Pardonne-lui de Jodi Picoult    3,5/5 (30-09-2013)

 

Pardonne-lui  (475 pages) est paru le 12 septembre 2013 aux Editions Michel Lafon.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Sage Singer est une solitaire. Elle dort le jour et travaille la nuit dans une boulangerie, où elle oublie les blessures de la vie en pétrissant le meilleur pain de la ville. Quand elle rencontre Josef Weber, un vieil homme insomniaque, Sage a enfin le sentiment d’avoir trouvé quelqu’un à qui se confier. Malgré leurs différences, chacun devine les cicatrices intimes de l’autre, et une amitié inattendue voit le jour.
Jusqu’au soir où Josef lui révèle le terrible secret qu’il cache depuis soixante ans et lui demande la plus incroyable des faveurs : le tuer. Confrontée à un choix moral impossible, Sage fouille dans l’histoire de sa famille pour tenter de résoudre son dilemme. Mais alors qu’elle plonge dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale à la recherche de la vérité, elle découvre que la frontière est parfois bien floue entre amour et trahison, justice et vengeance. Et elle devra répondre à la plus difficile des questions : certains actes sont-ils impardonnables ?

 

Mon avis :

 

Comme son nom l’indique explicitement, Pardonne-lui est un roman sur le pardon. Jodi Picoult , pour son intrigue, a choisi d’aborder un sujet difficile et douloureux de l’Histoire, celui de la persécution juive pendant la seconde guerre mondiale et leur traitement dans les camps de concentration.

 

Le roman débute de nos jours avec Sage Singer, une jeune boulangère  de 25 ans qui a perdu ses parents il n’y a pas si longtemps. Elle choisit de travailler de nuit (travaillant la pâte à pain comme une thérapie) pour limiter au maximum tout contact avec les autres et se protéger ainsi de leur regard (ne supportant pas son physique et n’assumant pas ses blessures). Son univers se limite à Mary (sa patronne et amie), Rocco (son collègue à Notre Pain Quotidien), Adam (son petit ami rencontré aux obsèques de sa mère) et les autres membres du groupe de soutien hebdomadaire auquel elle assiste. C’est d’ailleurs grâce à ce groupe qu’elle se lie avec un client régulier de la boulangerie : Joseph Weber, un vieux monsieur très respecté par la communauté du fait de ses multiples engagements dans l’éducation des jeunes (en tant qu’enseignement et entraîneur). Après plusieurs discussions et confidences, une relation de confiance s’installe entre eux et Josef finit par rapidement lui demander le plus grand service de sa vie : l’aider à mourir.

Sage ne peut évidemment pas rendre une telle décision sans d’abord écouter les raisons et plus largement l’histoire de ce vieillard solitaire. En même temps, elle en vient à se poser des questions plus personnelles sur ses origines et sur le passé familial. Descendante de juifs (et en particuliers d’une survivante de l’Holocauste) elle se tourne naturellement vers sa grand-mère, chère à son cœur, pour en apprendre d’avantage sur sa déportation dans le ghetto en Pologne en mars 1940 puis à Auschwitz en juillet 44.

 

Pardonne-lui est un récit particulièrement difficile et poignant. Jodi Picoult  a une écriture délicate et réaliste qui ne ménage pas le lecteur. Une fois passé les clichés et des bons sentiments qui ouvrent le roman (et étouffent un peu l’intrigue), on plonge dans un récit à plusieurs voix qui donne intelligemment la parole à différents acteurs  (victime et bourreau) et le thème du pardon est abordé de façon moins tranchée. J’ai particulièrement apprécié cette manière de nuancer l’intrigue et l’analyse qu’elle fait de ses protagonistes.

D’autre part, on suit en parallèle une histoire (en italique) qui ne semble pas avoir grand-chose à l’intrigue principale, et pourtant… Racontée comme un conte, cette histoire se révèle en fait plus métaphorique et intensifie les émotions liées au discours de Minka, la grande mère de Sage. Le pardon prend à la fin tout son sens, tout comme la question de la responsabilité.

 

« Baisser les yeux et voir vos amis et parents mourir quelques instants avant vous. Prendre place entre les membres blessés, encore agités de convulsions, et attendre que votre heure sonne. Sentir le choc de la balle, puis le poids d’un inconnu qui se jette à son tour sur vous. Penser à tout cela serait revenu à penser que nous tuions d’autres êtres humains. Or, pour nous, il était impossible que ces gens soient humains. Car, dans ce cas, que cela faisait-il de nous ? » Page 165

« C’est probablement la chose la plus difficile à comprendre : comment l’horreur peut-elle devenir si banale ? » page 270

 

En bref : Pardonne-lui est une agréable lecture par sa forme mais plus délicate par son fond. Par contre, même si Jodi Picoult a très bien mené son intrigue (avec même un coup de théâtre dans le dénouement), le fait d’avoir lu ces dernières semaines plusieurs romans abordant  le même thème a un peu gâché mon plaisir et altéré mon ressenti. Il n’empêche que j’ai bien évidement été touchée par cette histoire que je vous conseille de découvrir.



04/10/2013
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