Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Jim Harrison : La fille du fermier

La fille du fermier de Jim Harrison   4/5 (10-12-2017)

 

La fille du fermier (144 pages) est sorti le 2 novembre 2017 chez Folio (traduction : Brice Matthieussent).

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Dans ce texte âpre, «Big Jim» nous emmène dans un Montana aussi beau qu’hostile et livre un portrait féminin subtil, non sans échos avec son majestueux Dalva : celui d’une jeune fille meurtrie, aussi blessée qu’en quête de vengeance… «Sarah cria : "Putain de Dieu!", puis elle s’élança à toute vitesse sur un sentier pentu qui grimpait le long de la montagne jusqu’à ce qu’elle soit certaine que sa blessure allait éclater et qu’elle en aurait fini avec elle.»

 

Mon avis :

 

Je n’avais pas encore découvert le mythique Jim Harrison. J’ai donc profité de la sortie chez Folio de La fille du fermier, nouvelle tirée du recueil Jeux de la nuit (disponible à seulement deux euros) pour faire connaissance avec l’auteur.

 

J’ai beaucoup aimé son écriture et sa manière de nous entraîner dans la vie de Sarah Anita Holcomb, une jeune adolescente, installée depuis ses 9 ans dans le Montana avec son père, ancien ingénieur mécanicien, homme plein de bonne volonté mais un peu effacé, et une mère issue d’une famille évangélique qui lui impose les études par correspondance, jusqu’à ce qu’elle quitte le domicile conjugal pour refaire sa vie avec un cowboy, laissant ainsi enfin à Sarah une chance de se sociabiliser en entrant au collège.

Sarah est une très grande et belle jeune fille qui a bien du mal à s’intégrer dans ces terres et qui trouve le réconfort auprès de Old Tim, l’ancien propriétaire de la ferme et voisin de la famille, son chien, son cheval et la littérature. Mais à 15 ans, on rêve forcément d’amour et, dans ce lieu où les mentalités masculines sont peu portées sur le respect de la femme (davantage sur le sexe), l’incident arrive et charge Sarah d’un profond désir de vengeance…

 

L’auteur construit ici un univers où l’alcool, la solitude, la nature et la brutalité sont omniprésents. Sans tomber dans le roman noir, Jim Harrison développe une intrigue portée par la vengeance mais ne tombe à aucun moment dans le roman noir. Avec un lyrisme certain dans les descriptions et une protonique silencieuse, au caractère bien trempée mais empreinte d’une solitude touchante, il m’a entraînée avec un vif plaisir dans cette région du Montana (qui n’est pas pour autant devenu une destination de rêves) et dans la vie de Sarah, solitaire en souffrance, mature et intelligente. Je n’imaginais pas de fin heureuse mais tranquillement il nous conduit vers un dénouement positif où l’amour finit par remplacer la vengeance.

Jim Harrison est un excellent conteur. La violence est très présente et pourtant, c’est d’avantage un sentiment de douceur (et beaucoup de désespoir aussi), qui a accompagné ma lecture.  J’ai vraiment été sous le charme de sa manière de dépeindre cet univers, le climat et ce personnage pour lequel on garde un certain respect.

 

Bref : une novella à deux euros que je vous suggère de vite découvrir ! Pour ma part, je vais continuer ma découverte de l’Amérique à travers les mots de Jim Harrison en lisant très prochainement Légendes d’automne et Un bon jour pour mourir.



05/01/2018
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