Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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François Marchand : Un week-end en famille

Un week-end en famille de François Marchand   4/5 (01-11-2012)


Un week-end en famille (110 pages) est disponible aux Editions Le Cherche Midi depuis le 23 août 2012.

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

Faire la connaissance de ses beaux-parents n'est jamais chose facile. Surtout s'ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d'un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu'à quel point? Et l'impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région? Son objectif de départ - limiter les dégâts - finira par faire place à une exaltation mystique qui culminera le dimanche, jour du Seigneur. Un roman désopilant, un jeu de massacre permanent où tous les mauvais sentiments sont mis à l'honneur.

 

Mon avis :

 

Auteur de deux précédents romans (L’Imposteur et Plan social) Francois Marchand a gagné une réputation d’auteur sarcastique à l’humour noir. Son dernier titre ne déroge pas à la règle et confirme son étiquette.

 

D’entrée, l’auteur donne le ton et à aucun moment on n’échappe au sarcasme, à l’ironie et au cynisme. Le narrateur, qui vient de faire deux belles conneries (perdre au Poker et se marier avec Aurélie), est sur le point de passer un week-end en province, y rencontrer sa belle-famille. Plongée pittoresque et rocambolesque dans la contrée de Samouse, à travers la vision d’un parisien, Un week-end en famille est une accumulation de sketches qui tournent peu à peu au drame. La fin laisse le lecteur sur le cul et lui donne l’occasion de revoir toute sa lecture sous un angle différent.

 

Véritable découverte, j’ai apprécié l’humour noir (et souvent vrai) relatifs aux clichés quels qu’ils soient : Ikea, les commerciaux-vendeurs de maisons, les brocantes… Chaque phrase est une surenchère de répliques cinglantes.  Ce roman met également et largement le doigt sur les idées reçues qui opposent  Paris et la Province.


« Maurice la héla, pour la prendre à témoin de cette bonne blague : les Parisiens avaient pris par Ruillé-le-Gravelais au lieu de tout simplement  emprunter le chemin du bois des Terres-au-Curé, si accueillant pourtant, en cette froide nuit d’hiver. C’était à se tordre ! L’hilarité fît place à la commisération lorsque Maurice aborda l’inévitable sujet de la supériorité de la vie en Samouse par rapport à Paris. Je dus admettre qu’effectivement la « qualité de vie » y était nettement supérieure, tout en me demandant comment les Samousiens parvenaient à échapper à l’idée de suicide le premier dimanche de pluie venu. » Page 10-11


Roman très court (110 pages), Un week-end en famille se lit rapidement. L’écriture est directe et fluide. Les réflexions personnelles du narrateur se mêlent à l’action (entre dérapages, course poursuites, rencontres et fuite), pour donner un récit rythmé. Oui il y a de l’humour et on rigole mais l’aspect méprisant des répliques laisse à certains moments un goût amer. La lecture satirique poussée à l’extrême en devient usante. Heureusement l’épilogue donne une autre idée du narrateur devenu antipathique et détestable (par ses jugements misogynes, méchants, sévères et assassins).


Un weekend en famille porte un regard critique sur notre société allant jusqu’à son aversion. Le ton ironique employé en fait un roman plus désopilant qu’alarmant. Pris avec détachement, j’ai passé un excellent moment.  Pas sure que la sauce prenne avec tout le monde, mais je recommande bien volontiers ce bijoux de sarcasme.


« Elle trouva que je faisais du « mauvais esprit », voir que j’étais « cynique ». Combien de fois l’ai-je entendue, cette antienne ! Appelez un crétin un crétin, essayez-vous à quelques traits d’humour, pas bien méchants, non, quelques saillies de moraliste modéré, et vous êtes d’emblée un  « cynique ». » Page 22


Merci à Oliver de Price Minister pour la découverte de François Marchand. Une lecture, qui m’a donné envie de parcourir ses précédents titres. Vous pouvez retrouver ici la fiche du livre, dont ma note est 16/20.

 

 

 

 

 



01/12/2012
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