Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Eliette Abécassis : un heureux événement

Un heureux événement de Eliette Abécassis         3/5 (17-10-2011)

 

 

Un heureux événement (222 pages) est paru chez Albin Michel en août 2005 et est sorti en livre de poche en février 2007. Il trainait depuis des mois dans ma bibliothèque (je l’avais même oublié) et le livre est devenu un film, réalisé d’ailleurs par Rémi Bezançon, avec la belle Louise Bourboin (sorti le 28 septembre 2011), alors je l’ai ressorti.   

 

 

   

 

L’histoire (éditeur) :


  

« Désormais, ma vie ne m’appartenait plus, je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère. »Violent, sincère, impudique, ce roman brise tous les tabous sur la maternité, Cet «heureux événement » qui n’est peut-être qu’une idéologie fabriquée de toutes pièces. Eliette Abécassis affirme un ton personnel, où la fiction se mêle à une analyse subversive de la société.

 

Mon avis :

 

J’avoue que je suis assez partagée dans mon ressenti. Je suis moi-même maman et ce billet sera sans donc un peu trop subjectif mais je vais tenter de vous en parler du mieux possible en espérant tout de même arriver à aiguiser votre curiosité.

 

Un heureux événement m’a beaucoup touché. Il montre avec beaucoup de réalisme la difficulté que la femme rencontre en devenant mère (aussi bien sur le plan physique que le plan psychologique). Cela m’a fait beaucoup de bien de lire certains passages, de trouver et de mettre les justes mots à ce que j’ai éprouvé moi-même.

Eliette  Abécassis désacralise la maternité, elle ose aborder  sans aucun tabou les cotés négatifs de la maternité que la société moderne idéalise peut être un peu trop. A travers le témoignage sincère de Barbara, l’auteure met effectivement en avant des vérités difficilement avouables : donner la vie est une chose mais devenir mère et créer ce lien intime avec son bébé  est loin d’être inné, il se construit doucement (et parfois au détriment du reste). Barbara m’a boulversé à certains passages : elle est totalement dépossédée de sa vie car elle l’a littéralement donnée.

«Qu’y avait-il à savoir de la vie quand on a donné la vie ? Je n’avais plus d’ambition personnelle, je n’en avais plus le temps, ma vie ne m’appartenais plus (….). Désormais j’étais mère (….).  Je suis devenus mère, soit. Mais je ne savais pas qu’une mère n’était qu’une mère. J’ignorais qu’il fallait abdiquer tous les autres rôles (….), j’ignorais qu’il fallait renoncer à la vie. » 

 

Il y a tout de même dans ce livre un condensé de pessimisme, qui met mal à l’aise. A croire qu’il n’y a que des mauvais coté à devenir parent. « Faire un enfant est à la porté de tous, et pourtant peu de futurs parents connaissent la vérité, c’est la fin de la vie. »  Cet aspect sombre et la fin m’ont pas mal dérangé. L’égoïsme, qui tend un peu vers la méchanceté, et la tristesse du personnage sont sans doute trop mis en avant. L’auteure ne cache rien, certes mais fait basculer le roman doucement jusqu’au naufrage (aussi bien celui de la femme, que celui du couple). « De thésarde, j’étais devenue mère au foyer. De mère au foyer, j’étais devenue SDF. Jusqu’où descendrais-je ?»

Non la grossesse n’est pas une tare et non devenir mère et y prendre plaisir n’est pas impossible !

 

Heureusement, Eliette Abecassis a un style très agréable : fluide, moderne et ne manque pas d’humour. Le personnage en devient, au fil de la lecture, presque caricatural. Ce roman se lit très vite et le récit n’est pas déplaisant. L’auteur a choisi des mots justes, bien que souvent durs, et fait passer le lecteur du rire aux larmes en une phrase. On y retrouve beaucoup de situations ridicules que tous les parents ont bien rencontrées au moins une fois et qui fond sourire, et des vérités joliment dites « les  hommes sont des femmes heureuses » !

 

Pour conclure, je vous dirai que ce livre n’est pas un coup de cœur et que la fin me laisse sur ma faim mais je ressors satisfaite dans l’ensemble. Je vous laisse juger et ceux et celles qui voudraient le livre, laissez moi un petit mot, je vous le prêterai avec plaisir. 

 

A noter la très belle nouvelle couverture du livre qui reprend  l’affiche du film.

 

 

 



19/10/2011
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