Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Sébastien Fritsch : Se retenir aux brindilles

Se retenir aux brindilles de Sébastien Fritsch     5/5 (05-12-2012)

 

Se retenir aux brindilles (332 pages) est paru le 6 novembre 2012 aux Editions Fin Mars Début Avril.

 


 

L’histoire (éditeur) :


Inséparables, Ariane, Tristan et Matthias ont passé leur enfance à jouer avec leurs peurs. Au milieu des étangs de la Dombes ou dans les pièces vides d’un château oublié, ils cherchaient l’émotion, l’interdit, le danger.
Trente ans plus tard, les frayeurs d’Ariane n’ont plus cette saveur plaisante de l’imaginaire : c’est un homme bien réel – un homme qu’elle a aimé – qu’elle fuit maintenant.
Car si les enfants font de la peur un jeu, les adultes, eux, savent en faire une arme.


Mon avis :


Quand Livraddict a proposé ce roman en partenariat-auteur, le synopsis était si intriguant et la couverture si gaie, que je me suis jetée dessus sans hésitation. Quelles surprises à réception : le livre était accompagné d’un marque-page et surtout d’une dédicace. Comme beaucoup, je suis spécialement fan des mots d’auteurs alors nul besoin de vous expliquer à quel point j’étais ravie. Par contre, je tiens à préciser que ma lecture n’a en aucun cas été influencée par ces marques de gentillesse et que mon avis vous est livré en toute franchise.

 

« (…) et pendant quelques minutes – qui me semblaient une douce éternité – je me laissais aller à suivre des yeux le lent ballet des nuages. Je savais que les garçons faisaient de même. Et je croyais alors que nous trois souffles, nos trois regards, nos trois corps alignés sur le sol avaient été conçus pour ça : toujours vibrer ensemble. » page 8


Se retenir aux brindilles est l’histoire d’Ariane. Une histoire qui m’a pris aux tripes dès le début. Je ne sais pas comment l’expliquer mais durant une bonne moitié du livre, une boule au ventre a accompagné ma lecture. Je sentais qu’un drame futur ET passé allait nous être conté. Dès les premiers chapitres, cette pauvre Ariane me touchait tant que je craignais pour elle, car quand vous entrez dans sa vie, vous ne souhaitez en sortir qu’une fois le bonheur retrouvé. Mais Se retenir aux Brindille est une histoire plus profonde et fine qu’elle n’en a l’air.


Ariane retourne sur les lieux de son enfance. Elle est seule avec ses deux jeunes enfants (Enzo, enfant mutique de 4 ans et Abigail, âgée de quelques mois). Elle se cache, fuit son mari, et c’est chez Marthe qu’elle trouve refuge. Alors que son ancienne voisine (et deuxième maman) perd doucement la mémoire, Ariane, elle, cherche à renouer avec son passé et faire ressurgir les souvenirs des belles années passées avec Tristan et Matthias, des années marquées par de grands moments d’amitié et aussi de douleurs. C’est dans un contexte difficile et effrayant qu’elle tente de se reconstruire, revivant doucement mais surement son passé, avec ses non-dits, ses mensonges et ses erreurs.


« Moi qui voulait  effacer la claque du message de mon mari et de son silence méprisant par une promenade sur les terres de mes jeux d’enfants, me voici de nouveau confrontée à l’une des cruelles réalités de la vie adulte : la force de l’homme n’a pas pour but de protéger la femme, mais de la dominer. » Page 92


« Oui, c’est bien elle, la peur, ma si vieille compagnes, celle qui, avec Tristan, Matthias et moi, formait un quatuor que j’ai cru, pendant tant d’années, indestructibles. Et pourtant, la peur que me procure cet homme n’est pas la peur de mon enfance. Cette peur me fait peur. Elle ne laisse aucun espoir. La peur de mon enfance avait toujours une fin. Celle que je vis maintenant empeste l’irrémédiable. Je comprends alors que si la peur est un jeu pour les enfants, elle est, pour les adultes, une arme. » Page 252


Sébastien Fritsch a une plume délicate, toute en émotion (ce n’est pas pour rien que j’ai été prise d’un certain malaise durant ma lecture, véritablement touchée par l’écriture et le personnage…). Il y a beaucoup de rythme. Des passages éclairs, d’autres plus longs, dans un passé proche ou plus lointains,  alternent  avec un présent déjà bien cadencé. Se retenir aux brindilles est un roman haletant et d’une construction implacable. Les informations sont distillées avec minutie et grâce. Jusqu’aux dernières pages, l’auteure nous offre des révélations et des rebondissements qui donnent aux lecteurs un éclairage neuf et une nouvelle vision du tout.  En plus d’être intéressant, Se retenir aux brindilles est un merveilleux roman psychologique. Ni idéalisé ni noirci, ce roman est juste et subtilement écrit.


« Et de toute façon, on est tous comme ça, nous les humains : à dix ans, on vit dans le rêve, à vingt, dans l’illusion, à trente, dans les projets et à quarante, dans les regrets. Et à chaque fois, on oublie simplement de vivre la réalité. » Page 192


« Les paroles de Constance me remettent en mémoire cette phrase de Matthias : on sa laisse impressionner par des montagnes que la vie nous oblige à gravir, mais si l’on se contentait de s’intéresser uniquement à la petite pierre posée au sol devant nous, on se rendrait compte, en posant le pied dessus, qu’on est déjà lancé dans l’ascension. » Page 211


Un grand merci à Livra et surtout à Sébastien Fritsch pour cette découverte, que je vous invite grandement à lire et à offrir.




05/12/2012
15 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 282 autres membres