Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Donato Carrisi : La Femme aux fleurs de papier

La Femme aux fleurs de papier de Donato Carrisi  3/5 (07-10-2014)

 

La Femme aux fleurs de papier (216 pages) est disponible depuis le 1er octobre 2014 chez Calmann Levy.

Site de l’auteur  ici 

 

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L’histoire (éditeur) :

 

La nuit du 14 au 15 avril 1912, tandis que le Titanic sombrait au beau milieu de son voyage inaugural, un passager descendit dans sa cabine de première classe, revêtit un smoking et remonta sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il alluma un cigare et attendit la mort.

Le 14 avril 1916, dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. À moins qu’il ne révèle son nom et son grade, il sera fusillé le lendemain à l’aube. Jacob Roumann, médecin autrichien, n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient non pas à une, mais à trois questions :
« Qui suis-je ?
Qui est Guzman ?
Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic ? »

De cet instant se noue entre les deux ennemis une alliance étrange autour d’un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.

 

Mon avis :

 

D’ordinaire habitué aux thrillers (le tribunal des âmes, le chuchoteur, l’écorchée), Donato Carrisi propose cette fois-ci un roman singulier, un peu déroutant (surtout quand on connaît ses précédents). La Femme aux fleurs de papier est un roman qui s’apparente à un conte, composé d’une intrigue qui sert de fil conducteur à plusieurs histoires (un récit en forme de poupées russes).

 

Jacob Roumann est un médecin de guerre de 32 ans. Il est dans les tranchées sur les pentes du Mont Fumo, où les autrichiens défendent leur denier avant-poste contre l’avancée des soldats italiens.  Parce qu’il connaît la langue de l’ennemi et que son apparence, loin d’être celle d’un soldat, inspire plus facilement la confiance, il est envoyé pour parler à un prisonnier italien, afin que celui-ci livre son nom et son grade pour un éventuel échange contre un officier autrichien retenu prisonnier dans le camp adverse. La conversation entre les deux hommes s’engage mais prend un tournant pour le moins inattendu.

« Cette histoire commence avec une allumette. La vie d’une allumette est brève et fragile, comme la nôtre, démarra l’italien en soufflant sur la flamme ; son visage disparut dans un nuage de fumée. Un esprit noir monte au ciel et s’évanouit dans une odeur douceâtre. Le souvenir vit encore quelques minutes, dans le tabac.

Jacob Roumann se rassit en face de lui.

_ Quelle sont les trois questions ?

_ Qui est Guzman ? Qui suis-je ? Et qui étais l’homme qui fumait sur le Titanic ? » Chapitre 6

Voilà que l’inconnu se lance dans l’histoire de Guzman,  un récit incroyable auquel viennent se greffer celui de Rabes (un capitaine portugais), de Davi, de montagnes qui chantent, d’Eva Molnar (une hongroise de 91 ans passionnée d’alpinisme), d’un homme qui fume sur la Titanic juste avant qu’il ne sombre, du tango en Argentine…

 

Coincée dans le contexte de la première guerre mondiale, la narration est plus d’une fois entrecoupée par les aléas des combats et malgré tout on ne perd jamais le fil conducteur. On est captivé par cette étonnante histoire et à chaque fois qu’elle s’interrompt on est pressé d’y retourner pour savoir où elle va nous mener.

Il y a je trouve quelque chose du petit prince là-dedans. Donato Carrisi montre là son talent de narrateur en apportant de la poésie, de la beauté, de la légèreté et en même temps du raffinement. C’est agréable à lire, même si le besoin de trouver un sens à tout ceci domine et qu’il tarde à venir. On ne sait plus bien qui est le personnage clé : Guzman, narrateur né  et grand fumeur, ou Jacob Roumann, médecin humilié par sa femme, doux et sensible, collectionneur de mots (dernières paroles de ses compagnons).

« Et puis, Guzman n’aurait pas accepté que ses histoires soient prisonnières de l’enchantement d’une page écrite. Elles étaient vivantes, chaque fois elles s’enrichissaient de nouveaux détails, dans un perpétuel renouvellement. Comme les plantes qui se  libèrent de leurs branches, de leurs feuilles et de leurs fruits, et changent continuellement sans perdre leur identité. Fixer les histoires dans l’encre signifiant les priver de leur propre esprit. En d’autres termes, les laisser se faner. » Chapitre 17

 

La Femme aux fleurs de papier m’a fascinée. Même si j’ai trouvé c’était beaucoup d’effet pour peu d’explications, j’ai savouré ces mots et cette histoire originale, qui livre au final peu d’informations et d'explications. Mais faut-il un sens profond à tout ça pour apprécier cette intrigue originale ? Pourquoi ne pas simplement se laisser bercer par l’atmosphère envoutante et par les mots d’un Donato Carrisi conteur inattendu qui met en avant l’amour, l’amitié et le tabac.

 

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13/10/2014
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