Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Collectif : L'école de la mort

L'école de la mort de Lilian Bathelot, Charlotte Bousquet, Martial Caroff et Béatrice Egémar   3,5/5 (12-10-2013)

 

L'école de la mort  (224 pages) est paru le 22 aout 2013 aux Edition Gulf Stream.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Quoi de plus important que l’école ? Mais quoi de plus inquiétant aussi ? Lieu clos, territoire aux mille secrets, monde étrange et mystérieux… De tout temps l’école a abrité en ses murs histoires, légendes et mythes, rumeurs et rituels autour du savoir et de la culture, dont la transmission s’accompagne de règles intangibles et parfois même de règlements insidieux. (…)Quatre auteurs ont relevé le défi d’aller explorer les marges de l’école, ses cours, ses internats, ses cénacles. Leurs huit nouvelles sont autant de petits bijoux.
De la préhistoire à la première moitié du XXe siècle, de l’Egypte à l’Amérique ou encore à l’Union soviétique, nombre de savoirs, de méthodes éducatives, d’établissements livrent ici les crimes et exactions qui se sont commis en leur nom. Béatrice Egémar, Martial Caroff, Charlotte Bousquet et Lilian Bathelot vous proposent maintenant leurs histoires. Bienvenue dans l’école de la mort…

 

Mon avis :

 

J’ai reçu ce livre dans le cadre des partenariats spécial-rentrée littéraire organisés et proposés par Hérisson. C’est d’ailleurs le premier livre de chez Gulf Stream Edition que je lis. Je tiens donc à remercier chaleureusement Sophie pour tout le travail qu’elle fournit chaque année à l’occasion de la rentrée (et plus encore) et l’éditeur pour avoir eu la gentillesse de partager ses nouveaux titres dont L’école de la mort, que je vous présente aujourd’hui.

 

25ème titre de la collection Courants Noirs, L’école de la mort est un recueil de huit nouvelles de 4 auteurs différents (Lilian Bathelot, Charlotte Bousquet,  Martial Caroff et Béatrice Egémar) mettant en scène des personnages d’horizons et d’époques complètement différents mais chacune tournant autour de l’école (et plus largement de l’enseignement) et de la mort. L’école n’est pas forcément abordée de façon traditionnelle et scolaire mais traitée sous différents aspects, et c’est principalement l’apprentissage et la transmission de savoirs qui est ici le pivot de chaque histoire.

 

Les demoiselles de Saint-Cyr, sages comme des anges de Béatrice Egémar évoque la marquise de Maintenon, en visite à la Maison Royale de Saint Louis (son « bébé ») lorsqu’une des institutrices meurt brutalement. Une des si jolies et gentilles élèves est suspectée…

Dans Le Maître des pierres, c’est l’Homme de Tautavel qui est à l’honneur. Martial Caroff revient sur un moment crucial de son évolution et par là même la nôtre. Le langage est ici particulier, se voulant très proche de l’homme de l’époque avec ses limites et ses évolutions. C’est une nouvelles très réussie je trouve, qui donne une vision vraie mais un peu tabou de nos ancêtres, avec l’évocation du cannibalisme.

Les fantômes de Saint-James est une nouvelle qui relève un peu du paranormal et qui évoque les missions dîtes éducatives de la fin du XIXème siècle jusqu’au milieu des années 70 en Amérique du nord, sensées « civiliser » les populations amérindiennes. Charlotte Bousquet dénonce clairement la satanisation du peuple Indien (simplement méconnu) et surtout la bêtise humaine liée à la peur et l’ignorance, entraînant ethnocides et traitement inhumains.

L’œil du loup de Lilian Bathelot est la nouvelle que j’ai le plus appréciée. L’histoire est celle de  Roza Svetlana, une tueuse d’élite de la 184ème division de fusiliers à Stalingrad en 1943. La seconde guerre mondiale est à l’honneur, en pleine union soviétique,  au travers une jeune femme (simple et passionnée par son métier et par son héros Vasil Zaïtsev). Les liens d’amitiés et de fraternité sont ici forts, tout autant que le sens du devoir. Et puis aussi le fait de voir une très jeune femme au combat (quand en plus c’est une tueuse d’élite) c’est très passionnant.

Sans être explicite, le contexte temporel  d’Obséssion (de Charlotte Bousquet) m’a rappelé celui du XVII avec l’histoire de Marianne, éprise du professeur d’escrime de son jeune frère Léandre. L’amour passionnel aveuglant cette femme, l’entraîne inévitablement vers le drame.

C’est le néolithique que l’on découvre dans Tatoo Cœur (de Lilian Bathelot), avec une intrigue mettant en scène une jeune femme de 16 ans, inquiète de la disparition de son père (fondeur de cuivre).

Dans Meurtre à la Maison de Vie, Beatrice Egémar nous fait découvrir l’Egypte et ses jeunes scribes en apprentissage. Leur maître est retrouvé mort et les soupçons sont portés sur l’un des élèves, son bouc-émissaire (le grand frère de Ramsès). Cette nouvelle n’est pas sans rappeler l’intrigue de la première (Les demoiselles de Saint-Cyr) et pourtant la comparaison n’est que de courte durée tant l’ambiance et le choix temporel sont différents.

Dans la dernière nouvelle (Agora Game de Martial Caroff), c’est au tour de la Grèce Antique d’être abordée. On fait la rencontre de Socrate et la pensée philosophique au travers une histoire assez sordide.

 

Le point positif majeur de ce livre est sa diversité des histoires, qui permet de découvrir huit époques différentes à travers des styles distincts. Chaque récit s’appuie sur une réalité historique qui est agréablement mis en scène et dont l’aspect documentaire s’intègre parfaitement à l’intrigue. Ces nouvelles sont toutes autant intrigantes les unes que les autres, car chaque auteur maîtrise aussi bien le suspens que les sujets qu’il (ou elle) a choisi. Les mœurs et le vocabulaire collent bien au thème et offrent à chaque fois un vrai dépaysement.  J’avoue que me plonger dans une nouvelle histoire a été assez perturbant, tant j’étais prise dans la précédente et tant la nouvelles changeait radicalement. En effet, si chaque histoire est d’une totale justesse dans le traitement du contexte historique, je dois dire que j’ai été un peu déstabilisée en passant à la suivante et qu’un léger temps d’adaptation a été nécessaire pour m'impliquer pleinement dans l'intrigue.

 

Autre point important à mettre en avant est la qualité du vocabulaire utilisé. Conseillé à partir du 12 ans, ce livre possède un vocabulaire ardu qui peut sembler parfois un peu difficile. Sans être forcément un inconvénient (au contraire j’ai trouvé ça appréciable), je trouve important de le signaler.

 

En bref : deux thèmes qui ne semblent pas avoir grand-chose en commun (le savoir et la mort) et qui pourtant se marient merveilleusement bien ici dans huit nouvelles au contexte historique passionnant.



02/11/2013
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