Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Prix Littérature-monde 2018

Prix Littérature-monde 2018

 

Depuis 2007, la « littérature-monde » est en plein développement et offre à la littérature francophone une nouvelle perspective d’avenir.

L’Agence Française de Développement et Étonnants Voyageurs confirment leur volonté commune d’offrir aux lecteurs une littérature soucieuse de « dire le monde », et lancent le 5e édition du prix Littératuremonde.

Le jury composé des écrivains Ananda Devi, Nancy Huston, Dany Laferrière, Michel Le Bris, Anna Moï, Atiq Rahimi, Jean Rouaud et Boualem Sansal décernera en mai prochain deux prix : l’un destiné à un ouvrage écrit en français, l’autre à un roman traduit, publiés dans les 12 derniers mois. Les deux lauréats se verront attribuer une dotation d’une valeur de 3.000€.

 

Les sélections

 

Les membres du jury annoncent la sélection de 6 titres pour le prix Littérature-monde et 5 pour le prix Littérature-monde étranger.

Ces listes seront ramenées à 3 par mention lors d’une prochaine réunion du jury fin avril.

 

Prix Littérature-Monde

 

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Casting sauvage de Hubert Haddad (Zulma)

Douces déroutes de  Yannick Lahens (Sabine Wespieser)

Silence du cœur de Mohamed Mbougar Sarr (Présence africaine)

L’océan, deux mers, trois océans de  Wilfried N’Sondé (Actes Sud)

Les fils conducteurs de Guillaume Poix (Verticales)

Les guerres perdues de Youri Beliaev  de Pierre Sautreuil (Grasset)

 

Prix Littérature-Monde Etranger

 

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Ave Maria de Sinan Antoon (Actes Sud) 

De l’autre côté des montagnes de Kevin Canty (Albin Michel) 

L’Homme coquillage d’Asli Erdoğan (Actes Sud) 

Les Rois d’Islande d’Einar Már Guðmundsson (Zulma) 

La femme du cartographe de Robert Whitaker (Payot) 

 

Le prix Littérature-monde

 

« Nous assistons à l'émergence d'une littérature de langue française détachée de la nation [...] n’ayant pour frontières que celles de l’esprit. »

 

Il y a dix ans, 44 écrivains signaient le manifeste « Pour une littérature-monde en français », paru dans le journal Le Monde. 44 écrivains à la recherche d’une littérature libérée du déterminisme spatial, et dont la seule exigence était d’éclairer les lecteurs.

Explorer l’univers du possible, décrire l’indescriptible, donner vie au fantastique. Mais surtout, parler du monde. Le monde : n’avait-il pas été, longtemps, le grand absent de la littérature française ?

La « littérature-monde » a pourtant toujours été là, réfugiée dans les marges, comme toujours. Mais sa nécessité n’a cessé d’accroître face à ce nouveau monde qui apparaissait devant nous, imposant des rythmes, des paroles neuves. Tapis dans l’ombre, des littératures dites « francophones » voyaient de jeunes écrivains surgir, porteurs d’une littérature accordée au monde en train de naître, moins soucieux de se couler dans une culture d’adoption que de faire œuvre à partir du constat de leur identité plurielle.

La francophonie sur laquelle une France mère des arts dispensait ses lumières est morte ; vive la francophonie. Succomber au plaisir de la « suspension consentie de l’incrédulité » mais aussi donner voix et visage à l’inconnu du monde, à l’inconnu en nous : voilà ce que la « littérature-monde » entend provoquer. Créer une dissonance cognitive, remettre nos croyances littéraires à plat, prendre conscience de l’élitiste norme littéraire française pour mieux la fondre et la reformer… Une langue est une manière de concevoir le monde. Ecrire en français, c’est avant toute chose une opportunité de transmettre un réel que d’autres langues ne peuvent pas transmettre.

 

Le festival Étonnants Voyageurs porte ce projet depuis sa naissance en 1990. Le manifeste de 2007 en aura souligné l’écho : une vague de colloques internationaux et d’ouvrages ont vu le jour, faisant du manifeste une nouvelle matière d’études dans la plupart des départements francophones du monde. Redonner la parole aux écrivains, telle était la vocation première de l’ouvrage. En 2014, un double prix « Littérature-monde » est créé, décerné par un jury d’écrivains dans le cadre du festival Étonnants Voyageurs.

Attachée à l’idée que nous sommes tous des citoyens, témoins et acteurs d’un monde en mutation, l’Agence Française de Développement s’est associée au Festival en 2013. Elle a souhaité valoriser les voix littéraires qui embrassent le monde et qui, par le prisme de la fiction, renouvellent la vision de la réalité économique, sociale et culturelle des quatre continents dans lesquels elle intervient. Parce que l’avenir de la planète s’écrit maintenant, ici et là-bas, l’AFD oeuvre chaque jour à construire un monde plus juste et plus durable, au bénéfice de tous.

 

Jury du prix Littérature-monde

 

Ananda Devi

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Née à l’Île Maurice, Ananda Devi fait de son île natale le théâtre de la plupart de ses romans. Riche d’une véritable expérience sensuelle du monde, un peu indienne, un peu africaine, un peu européenne, elle pointe dans ses travaux le climat étouffant d’une société cloisonnée, et porte la parole de ceux dont la voix s’est éteinte dans l’exclusion et la brutalité. Elle s’inspire d’une réalité sociale violente et met en scène l’autodestruction causée par l’enfermement.

À quinze ans, elle remporte un concours d’écriture avec l’ORTF qui édite sa nouvelle. Elle publie son premier recueil de nouvelles à l’âge de dix-neuf ans, avant d'obtenir un doctorat en anthropologie sociale à Londres. Confirmant son talent, elle est récompensée en 2006 par le prix des Cinq continents de la Francophonie et le prix RFO pour son ouvrage Ève de ses décombres, et en 2010 par le Prix Louis Guilloux pour son dixième roman Le Sari vert, la consacrant comme l’une des voix majeures de la littérature mauricienne. Pour l'ensemble de son oeuvre, elle se voit décerner en 2014 par l'Académie française le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises. En 2017, elle signe un recueil de poèmes intitulé Ceux du large aux Éditions Bruno Doucey. Ananda Devi a participé à l’ouvrage collectif Pour une littératuremonde (Gallimard, 2007).

 

Nancy Huston

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Née au Canada, Nancy Huston passe par l’Allemagne et les ÉtatsUnis avant de s’établir en France en 1973. Là, elle obtient son diplôme de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales pour son travail sur le tabou linguistique, sous la direction de Roland Barthes. À cette époque, elle collabore avec différents journaux et revues pour défendre la cause des femmes, puis enseigne à l’Institut des Études Féministes, Université de Columbia à Paris. 

En 1981, elle publie son premier roman puis alterne avec les essais et les livres pour enfants. Depuis Cantique des plaines sorti en 1993, elle écrit tantôt en français, tantôt en anglais et traduit ses propres livres dans les deux langues. Écrivain prolifique, Nancy Huston a été maintes fois récompensée pour ses ouvrages : prix Goncourt des lycéens et prix du Livre Inter pour Instruments des ténèbres (1996), Grand prix des lectrices de Elle et prix des libraires du Québec pour L'Empreinte de l'ange (1999), prix Femina et prix France Télévisions pour Lignes de failles (2006)...

Docteur honoris causa des Universités de Montréal et de Liège, elle a également été nommée Officier de l’Ordre du Canada et Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres de France. Nancy Huston a participé à l’ouvrage collectif Pour une littératuremonde (Gallimard, 2007).

 

Dany Laferrière

 

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Né à Port-au-Prince, Dany Laferrière passe son enfance à PetitGoâve avec sa grand-mère. À vingt-trois ans, son ami et collègue, le journaliste Gasner Raymond est assassiné par les Tontons Macoute. Par peur d’être lui aussi « sur la liste », il quitte Haïti pour Montréal où il passera une grande partie de sa vie d’écrivain mais aussi de chroniqueur télé et radio.

En 1985, il publie son premier roman Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, ouvrage traduit en plusieurs langues et adapté au cinéma. En 2009, après plusieurs distinctions littéraires, son roman L’Énigme du retour fait définitivement de lui une plume incontournable du paysage littéraire francophone lorsqu'il reçoit le prix Médicis et le Grand Prix du livre de Montréal. Après avoir vécu le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, qu’il racontera dans son ouvrage Tout bouge autour de moi, il se voit nommé Personnalité de l’année 2009 au Gala Excellence La Presse/Radio Canada.

Élu à l’Académie française en décembre 2013 au fauteuil d'Hector Bianciotti, il y sera reçu en séance solennelle le 28 mai 2015. Il sera alors le premier Haïtien et Québécois à siéger sous la coupole. En 2016, il devient Docteur honoris causa du Midlebury College (USA) et des universités Paris-Sorbonne et Pierre et Marie Curie. Dany Laferrière a participé à l’ouvrage collectif Pour une littératuremonde (Gallimard, 2007).

 

Michel Le Bris

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Michel Le Bris occupe une place singulière dans le paysage littéraire français, qu’il aura fortement contribué à faire évoluer. Rédacteur en chef de la revue Jazz-Hot, il sera l’un des introducteurs du « free jazz » en France. Directeur de La Cause du peuple, dans l’après-68, il sera pour cela condamné à 8 mois de prison. Jean-Paul Sartre lui succédant, l’affaire prendra un tour international. Co-fondateur de Libération, en 1973, il crée peu après, et dirige avec Jean-Paul Sartre, la collection La France sauvage.

En 1977, il propose dans L’homme aux semelles de vent une vision nouvelle du romantisme : face aux machines de mort des idéologies, un pari fou sur les puissances de rupture de la littérature, l’affirmation d’une « dimension poétique » de l’être humain – vision qu’il développera dans Le Paradis perdu et Le journal du romantisme en 1981 et qui sera à l’origine de son roman-récit de voyage La Porte d’or (1986). Convaincu que ce sont les écrivains qui disent « l’inconnu du monde qui vient », il s’oppose aux modes littéraires françaises de l’époque, vouées dit-il au nombrilisme et au ressassement des thèses éculées d’avant-gardes autoproclamées, crée en 1990 la revue Gulliver, ainsi que plusieurs collections aux éditions Phébus, Payot, La Table ronde pour manifester le « retour de la fiction » (et de l’aventure) en littérature, lance le mouvement des « écrivains voyageurs », fait découvrir Nicolas Bouvier, entreprend, parallèlement à la publication d’œuvres rares de Stevenson, la rédaction d’une biographie de l’écrivain écossais, Les années bohémiennes (1994) et crée en 1990 le festival Étonnants Voyageurs.

Un premier « Manifeste pour un littérature voyageuse » paraîtra en 1992, et en 1993 il proposera le concept de « Littérature-monde ». En 2000, il décide de projeter le festival dans le monde, Missoula (Montana, USA), Dublin, Sarajevo, Haïfa, Bamako, Port-au-Prince, Brazzaville, Rabat. À son initiative et à celle de Jean Rouaud, est lancé en 2007 le « Manifeste pour une Littérature-monde en français », qui connaîtra un retentissement considérable. Avec Jean Rouaud il dirige deux livres collectifs : Pour une Littérature-monde et Je est un autre en 2007 et 2009. En 2012 le festival intègre un réseau rassemblant quelques-uns des plus grands festivals littéraires du monde : la « Word Alliance ».

Spécialiste mondialement reconnu de Stevenson, son œuvre propre compte une quarantaine d’essais, récits de voyage, et romans, dont le dernier, La Beauté du monde, sera finaliste du prix Goncourt en 2008. Il a également publié une « autobiographie intellectuelle », Nous ne sommes pas d’ici, en 2009 et, plus récemment, un Dictionnaire amoureux des explorateurs. Il publie en mai 2015 aux éditions Hoebeke un album retraçant les 25 années de l'aventure littéraire qu'est le festival Étonnants Voyageurs.

 

Anna Moï

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Née au Vietnam, Anna Moï, de son vrai nom Trang Thiên-Nga, fait du français sa deuxième langue natale. Ayant étudié dans un lycée français, elle part très vite à Paris pour y apprendre l’histoire. Riche de ses années passées à Bangkok puis à Tokyo dans l’univers de la mode, Anna Moï fait voyager son lecteur entre les mondes et les époques. Les évènements historiques mêlés à une réflexion sur l’art font de ses romans et essais des lieux où prime la liberté d’expression. Les mots utilisés comme des matériaux artistiques reflètent les pensées d’une romancière partagée entre la France et le Vietnam, deux terres qui lui sont chères.

Après s’être adonnée à l’écriture de chroniques dans une revue francophone vietnamienne, elle se consacre aux nouvelles puis aux romans, s’inspirant de son pays. En 2001, elle se fait ainsi connaître du public avec L’Écho des rizières, recueil de nouvelles sur le Vietnam. En 2004, elle montre toute son étendue artistique en publiant un roman humoristique au style léger, Riz Noir. En 2017, elle reçoit le Prix Littérature-Monde pour son recueil Le Venin du papillon.

 

Atiq Rahimi

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Né à Kaboul, Atiq Rahimi est un exilé afghan naturalisé français. Il étudie au lycée franco-afghan Estiqual de Kaboul, puis quitte son pays à l’âge de vingt-deux ans, fuyant la guerre et le service militaire. Se considérant plutôt comme réfugié culturel que politique, il n’oublie pas pour autant son pays d’origine et décrit dans ses romans les guerres et malheurs qui accablent l’Afghanistan depuis des décennies.

Jonglant entre le persan et le français, il étudie le cinéma à la Sorbonne, dont il sort avec un doctorat en audiovisuel. Récompensé aussi bien pour son œuvre cinématographique que romanesque, il remporte en 2004 le prix « Regard vers l’avenir » au festival de Cannes pour son documentaire Terre et cendres, adapté de son premier roman éponyme, paru en France en 2000 et traduit par la suite dans vingt-deux langues.

En 2008, il est le lauréat du prix Goncourt pour son ouvrage Syngué Sabour - pierre de patience écrit directement en français (contrairement à ses trois premiers romans écrits en persan) : « Il me fallait une autre langue que la mienne pour parler des tabous » dit-il. Avec Jean-Claude Carrière il adapte par la suite ce roman pour le cinéma puis réalise le film qui sort en France en 2013 et obtient plusieurs nominations dans divers festivals français. Atiq Rahimi est aujourd’hui un représentant privilégié de la culture afghane en Europe.

 

Jean Rouaud

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Après avoir grandi dans une famille lui ayant transmis les valeurs de travail, de piété et de constance (ce qu’il appelle son « magasin d’antiquités »), Jean Rouaud entame des études de lettres modernes, qu’il mettra un point d’honneur à ne pas terminer. Dès lors, il multiplie les petits boulots, pour n’en choisir aucun et s’accorder le droit à la flânerie de ce qu’il appelle la vie poétique. Pompiste de nuit, distributeur de prospectus, bonimenteur de porte à porte, plieur-soudeur... il tient un kiosque à journaux à Paris en 1990 quand il est surpris par la gloire et le prix Goncourt pour son premier roman, Les Champs d’honneur, unanimement salué comme un chef-d’œuvre. Suivront quatre romans qui avec Les Champs d’honneur forment un cycle romanesque fondé sur l’histoire de sa famille et certains aspects de sa propre vie : Des hommes illustres, Le Monde à peu près, Pour vos cadeaux, Sur la scène comme au ciel.

Il poursuit un nouveau cycle : La vie poétique. Dans Comment gagner sa vie honnêtement, qui emprunte son titre à Thoreau, il retrace avec humour et mélancolie les débuts d’une existence guidée par la poésie, entre refus du travail et vie de bohème. Une façon de chanter, sorti en 2012, évoque son deuxième amour : la musique, et le vent frais qu’elle apportait sur les années 1970, du folk protestataire de Bob Dylan au rock garage des Kinks. Un peu la guerre, qui nous vaut un portrait magnifique de Jérôme Lindon, nous conduit jusqu’à l’écriture des Champs d’honneur, en un temps où partout l’on proclamait « la mort du roman » lorsque lui-même avait à vivre la mort de son père : « au bilan du siècle », écrit-il, « il convenait de rajouter deux victimes collatérales : le roman et moi »… En 2015 il publie Misère du roman, essai dans lequel il décortique les courants dominants et les grandes séquences historiques qui les ont fondés afin d'expliquer la relation très particulière qu’entretient la France avec la forme romanesque. Cette même année, il commence à écrire une chronique hebdomadaire pour le journal L’Humanité.

À l’origine, avec Michel Le Bris, du « Manifeste pour une Littérature-monde en français », en 2007, il a co-dirigé avec lui l’ouvrage collectif Pour une littérature-monde publié aux éditions Gallimard, que suivra en 2009 Je est un autre.

 

Boualem Sansal

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Ingénieur de formation, enseignant, consultant, chef d'entreprise, puis haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien – congédié pour prises de positions critiques contre le pouvoir – Boualem Sansal se met à l’écriture, incité par son ami l'écrivain algérien Rachid Mimouni, et décide d’orienter ses travaux sur l’impasse politique, sociale et économique dans laquelle se trouve l’Algérie dans les années 1990. Depuis son ouvrage Le Serment des barbares en 1999 qui lui a valu le prix du Premier roman et le prix Tropiques de l'Agence Française de Développement, Boualem Sansal collectionne les récompenses. 

Très souvent censuré dans son pays, il s’exprime ouvertement sur ses prises de position contre Bouteflika et le régime algérien. En 2011, il est salué par le prestigieux prix de la Paix des libraires allemands pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays ». À l’occasion du premier Forum mondial de la Démocratie organisé par le Conseil de l'Europe, Boualem Sansal, accompagné de l’Israélien David Grossman, a lancé un appel pour la paix visant à déboucher sur la formation d’une organisation pérenne d’écrivains œuvrant pour la paix au Proche Orient et dans le monde entier.

Gouverner au nom d’Allah a notamment reçu en 2013 le prix Jean Zay qui récompense un auteur pour son engagement en faveur des valeurs républicaines et laïques. En 2015, il reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française pour 2084 : la fin du monde. Boualem Sansal a participé à l’ouvrage collectif Pour une littérature-monde (Gallimard, 2007).

 

 

Le manifeste « Pour une Littérature-monde en français » dès sa parution a suscité des débats passionnés. Pour la première fois, collectivement, des écrivains de renom, de tout l’espace francophone prenaient la parole pour dire un changement d’époque. Tandis que l’ensemble des départements d’étude francophone des grandes universités étrangères inscrivaient à leur programme d’étude le manifeste et les deux volumes collectifs qui depuis l’ont prolongé se multipliaient les colloques internationaux de grande ampleur. On se plaignait parfois du peu d’écho à l’étranger de la littérature française. Aucun manifeste, ou mouvement littéraire français n’a depuis l’époque du « nouveau roman » suscité autant de débats à l’étranger.

 

 

Anciens lauréats 

 

2014 :  Feu pour feu de Carole Zalberg (Actes Sud)

Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden (Albin Michel)

« Le jury a aussi été sensible au remarquable premier roman de NoViolet Bulawayao, Il nous faut de nouveaux noms. Ce jeune auteur originaire du Zimbabwe nous fait vivre un pays en délitement à travers le regard d’une petite fille, Chérie. Dans une langue maîtrisée et inventive, où le tragique du quotidien se mêle à l’absurde, NoViolet Bulawayo nous livre une réflexion qui dépasse les frontières de son pays pour nous entraîner sur la route de l’exil et du déracinement. »

 

2015 :  L’Ancêtre en Solitude de Simone Schwartz-Bart (Le Seuil)

Le Fils de Philipp Meyer (Albin Michel)

 

2016 :   L’ombre animale de Makenzy Orcel (Zulma)

Les transparents d'Onsjaki (Métailié)

 

2017 :   Le Venin du papillon d'Anna Moï (Gallimard)

Le Messie du Darfour d'Adbelaziz Baraka Sakin (Zulma)

 

Étonnants Voyageurs

 

Depuis 1990, l’un des plus grands festivals...

Chaque année, près de 300 invités venus du monde entier, romanciers, poètes, réalisateurs, essayistes, photographes, musiciens, avec pour passion commune de dire le monde, d’en restituer les multiples visages, de donner forme à l’inconnu de ce qui vient, se retrouvent à Saint-Malo pour en débattre pendant trois jours. 300 rencontres lectures, projections, spectacles, expositions : une immense fête, 28 programmes simultanés, des salles combles de passionnés.

Le festival est né d’une réaction d’écrivains opposant aux modes littéraires alors dominantes en France, (repli sur soi, formalisme d’une littérature supposée n’avoir d’autre objet qu’elle-même) l’idée de « littératuremonde ». Un monde disparaissait devant nous, un autre surgissait, opaque, inquiétant – fascinant. Et nous avions la conviction que la littérature n’est jamais aussi puissante, nécessaire, que lorsqu’elle s’attache à nous le donner à voir, à en capter, en inventer la parole vive. Par la plume comme par l’image.

 

 

... à travers le monde...

Parce que cette exigence d’une « Littérature-monde » est partout partagée, émerge avec force, diverse, colorée, inventive, brassant les identités et les cultures, Étonnants Voyageurs a essaimé de par le monde. Nées de connivences entre écrivains et des histoires d’amitiés, les éditions organisées depuis 2000 à Missoula (USA), Dublin, Sarajevo, Bamako, Port-au-Prince, Haïfa, Brazzaville et Rabat en 2014 nourrissent en retour le festival de Saint-Malo, et en font un formidable laboratoire sur les littératures en création – et, à travers elles, sur le monde qui vient.

Nouvelle étape de notre développement : contre la logique de « Big Brother », la force du réseau. Édimbourg, Berlin, Pékin, Jaïpur, Melbourne, Toronto, le Pen Club de New York soit quelques-uns des plus grand festivals du monde se sont regroupés dans une « Word Alliance ». Les plus grands par la taille, pour plusieurs d’entre eux. Les plus importants par le prestige, très certainement. Et surtout par l’exigence littéraire. C’est peu de dire que leur proposition en 2011 de les rejoindre a suscité l’adhésion pleine et entière d’Étonnants Voyageurs ! Cette marque de reconnaissance nous oblige : car il s’agit bien, dans les faits, de contribuer autant qu’il est possible à réinscrire la littérature française dans le grand dialogue des littératures du monde dont elle était absente depuis des décennies. Une nouvelle étape de notre aventure, diablement excitante !

 

 

 



29/04/2018
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