Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Jérôme Attal : Les jonquilles de Green Park

Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal  5/5 (18-04-2016)

 

Les jonquilles de Green Park (216 pages) est disponible depuis le 3 mars 2016 aux Editions Robert Lafont.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Les Quatre Cents Coups sous le Blitz de Londres.
Septembre 1940, Tommy vit avec ses parents et sa grande soeur Jenny. C'est le début des bombardements allemands. Tommy, sa famille, ses copains et la belle Mila se préparent tout de même à fêter Noël.
« Si la guerre doit durer une éternité, je voudrais juste pouvoir vivre jusqu'au mois d'avril. Pour voir, une fois encore, les jonquilles de Green Park. Elles se tiennent ensemble, chaque saison. Belles et fières dans le vent puissant et douloureux d'avril. Comme nous autres en ce moment. »
Septembre 1940. Tommy vit avec ses parents et sa grande soeur Jenny. C'est le début des bombardements allemands sur Londres. Ils se préparent tout de même à fêter Noël.
Tommy et ses copains se passionnent pour les super-héros : Superman, Buck Rogers et... Winston Churchill. L'aventure ne serait pas la même sans deux petites frappes : Nick Stonem et Drake Jacobson, aussi vilain que sa jumelle, Mila, est belle.
Dans un Londres en lambeaux, ces jeunes adolescents vont se créer leurs propres histoires et se perdre dans les brumes et le fracas d'une ville enflammée. Mais fêter Noël et revoir les jonquilles en avril restent la plus belle des résistances.

 

Mon avis :

 

Et bien, je ne m’attendais pas à ça ! Je dois dire que même si je trouvais la couverture (le bandeau, pour être exacte) très belle et la quatrième de couverture sympa, je ne partais pas dans l’idée de lire de nouveau Jérôme Attal. C’est finalement sur une gentille proposition que je l’ai lu aussitôt qu’il a franchi le palier et franchement il n’a pas fait long feu (et pas simplement parce qu’il ne fait que 200 pages). J’ai passé un très bon moment avec.

 

Les jonquilles de Green Park c’est l’histoire de Tommy, un anglais de 13 ans, collectionneur de timbres, passionné par la conquête spéciale et qui rêve de devenir écrivain (« Le crayon, c’était mon couteau de l’armée suisse à moi. Pour venir à bout, entailler ou ouvrir, un moment précis. Et laisser son passage dans l’écorce des jours. » Page 126), à Londres, à la fin des années 40, en pleine seconde guerre mondiale, lors des bombardements allemands.

Suivre Tommy a été un beau moment ! La guerre sert ici de décor. Un décor bouleversant, mais un décor avant tout, car c’est avant tout de Tommy dont il est question, un petit gars en âge de vivre de grandes aventures avec les copains et une histoire de cœur. Et oui, parce que si ce temps de conflit a son lot d’événements dramatiques le ton est résolument écarté de la gravité (même si elle reste palpable car bien intégré dans son quotidien).

« J’avais l’âge d’être un homme et pourtant je ne désirais qu’une chose : rester môme le plus longtemps possible parce que, j’en étais certain, il n’y avait pas de plus grand bonheur que d’avoir un chez-soi et d’être dans sa chambre, et que votre mère vienne vous border, et quelle vous autorise à lire une dernière page de votre BD de Superman, et qu’ensuite elle revienne vous border. » Page 193

 

Texte poétique charmant, attendrissant, bouleversant… Les jonquilles de Green Park  doit être découvert !

 

Tommy est le genre de « jeune homme » (c’est un gamin, soyons honnête !!) que l’on aimerait croiser plus souvent.

« Si y a un truc qui me rend malade dans la vie, c’est de ne pas pouvoir offrir de la gentillesse en retour. Et aussi qu’on n’ait pas pu se dire au revoir, que la vie, après tout, ce soit juste une question de petites étoiles qui se croisent et se sourient, et dont les efforts pour s’emparer du temps qui passe ne signifient rien à la fin. » Page 36

Un chic garçon, pertinent, réfléchi, à l’affût d’idées pour son futur roman, intelligent, bon, sensible, sincère et drôle.

« C’est assez impressionnant de vivre dans la pièce à coté d‘une fille comme ma sœur, je veux dire en terme de paléontologie féminine c’est un safari permanent. » Page 80

Le suivre avec ses copains (des gosses qui ont encore leur âme d’enfant, leurs rêves et leurs préoccupations terre-à-terre en plein chaos, qui espèrent vivre assez longtemps pour voir le film de super héros qui sort l’année prochaine.) est un beau et bon moment.

Et ses parents, des gens bien aussi évidement. Des personnages qui apportent leur lot de charmes et de cocasseries, grâce à un père un brun farfelu (« Le métier d’inventeur de mon père, je pense que c’est comme un pari sur l’avenir. » Page 32) et une mère travailleuse, qui chante tout le temps et ne se plaint jamais (« Je crois que tan qu’elle peut, elle préfère la confrontation avec la vie. Elle choisit le camp de la légèreté jusqu’au dernier moment. Quand les femmes deviennent mères, tout leur parai surmontable. » Page 36). Bref, une jolie famille à laquelle on s’attache tout de suite.

« Depuis février, maman travaille dans l’usine de fabrication d’ampoules de M. Dunham. Elle n’aurait pas su trouver mieux, avec papa qui a toujours ses idées farfelues. Dans les comics, vous savez, l’irruption d’une idée dans l’esprit d’un personnage est couramment illustrée par une ampoule au-dessus de sa tête. » Page 25

 

Je me rends compte que je vous inonde encore de citations. Mais quoi de mieux pour vous donner envie de découvrir les jolis mots de Jérôme Attal. Parce qu’il réussit là à maintenait notre intérêt, à nous faire sourire et nous émouvoir par la tendresse qu’il dégage.

« - Tu as déjà trébuché parce que tu regardes une filles ? (…) Et bien moi je trébuche tout le temps. Dans mes mots. Dans le silence aussi. Et même quand elle n’est pas là pour que je la regarde. Je trébuche au fond de moi. C’est arrivé d’un coup !

- Ça doit être profond au fond de toi si tu trébuches tout le temps intervint Oscar. » Page 140

 

Et même s’il prend enfin un tournant plus dramatique par l’accélération du conflit et que votre petit cœur finit par se serrer (et pas forcément par les bonnes raisons), la vie offre de beaux lendemains malgré tout, et surtout des petits riens qui la rendent plus belle.

 

Et dans ce décor dévasté, je retiendrai deux images :

- Un noël passé au 3ème  sous sol du manoir de Lord Papoun (« Autour de nous, c’était une fête de Noël de première classe et de troisième sous-sol. » Page 123)

- Et évidement, celle des jonquilles de Green Park en avril !!! 

   

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25/04/2016
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