Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Claire Favan : Dompteur d'anges

Dompteur d'anges de Claire Favan   4/5 (19-03-2017)

 

Dompteur d'anges (416 pages) est paru le 16 février 2017 dans la Collection Le bête noire des Editions Robert Laffont.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur...
Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...

 

Mon avis :

 

Avec ce nouveau titre Claire Favan frappe encore une fois très fort.

Vous ne savez ici finalement jamais qui est le personnage principal, l’auteure vous ballade d’un protagoniste à un autre, vous plonge dans l’un vie d’un premier pour nous en présenter un second, puis un troisième (à la manière d’une saga familiale) et elle vous surprend ainsi régulièrement en faisant brusquement tourner son intrigue et votre jugement. C’est bien jouer et terriblement addictif !

 

Il faut dire que la plume y est aussi pour beaucoup car Claire Favan ne s’encombre pas de détails inutiles, chasse de l’histoire le moindre élément qui pourrait ralentir le rythme et manie l’écriture avec une certaine fougue. C’est direct, brutale et très noir ! (Bon elle n’est pas là pour nous conter fleurette non plus et on sait dans quoi on s’embarque, alors…)

Alors c’est parti pour 400 pages (parsemées de quelques clins d’œil à ses copains auteurs qui font sourire, ça change !) bien sombres et machiavéliques.

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Max Enger, un bon petit gars, qui à mal débuter dans la vie mais s’en sort relativement bien, est inculpé et condamné à perpétuité pour le viol et le meurtre du gamin d’un de ses employeurs. Ce solitaire de 22 ans se retrouve alors plongé dans le monde carcéral où les « pointeurs » deviennent les souffres douleur des détenus et des gardiens de prison qui laissent ouvertement faire.  Il va vivre 5 ans d’enfer, 5 ans à nourrir son amertume et sa colère qui, une fois l’erreur judiciaire officialisée et sa peine levée, vont transformer le désir de vengeance en véritable obsession.

Et quelle vengeance : kidnapper de pauvres gamins (pas n’importe lesquels non plus !) et en faires une armée sans foi ni loi, dressée pour tuer et assouvir son plan, éliminant méthodiquement les cibles désignées. Oui, mais si ce plan finissait par avoir une faille…

 

Victimes et coupables sont ici là tous au même plan. Les coupables devenant des victimes et inversement, parce qu’il y a toujours un peu de noir (parfois beaucoup) dans le blanc et de blanc dans le noir. Et comme le récit s’étale sur des dizaines d’année et qu’il comporte pas mal d’ellipses (indispensable pour ne pas surcharger le roman), difficile de s’attacher à ces personnages. Et puis au final, à quoi bon s’attacher puisqu’on ne sait jamais comment les bons vont finir (je l’aimais bien ce petit Max, moi !). Donc, c’est pas plus mal ! Mais bon sang, croyez-moi, ça ne va pas vous empêcher d’aimer ce bouquin !

 

Parce qu’il ce qu’il est fait de surprises (et de taille !), que l’intrigue est hyper haletante et super bien maîtrisée (ah tous ces petits détails qui refont surface 150 pages plus loin !), qu’il y a cette forme de crédibilité qui glace un peu plus (le milieu carcéral est très bien rendu et permet de comprendre et justifier cette violence, même si ça va très très très loin !), et ce suspens qui par moment vous donne quelques suées.

Et puis bon, merci Claire de nous glisser aussi quelques notes optimistes et de ne pas sombrer dans le glauque constant (point trop de détails sordides, mais la juste dose de ce qu’il faut pour glacer le sang sans avoir envie de vomir !).

 

Voilà 400 pages qui non pas fait long feu et qui me font quand même me poser quelques questions : « comment une personne aussi douce et souriante que vous, peut trouver des sujets pareils et les creuser à ce point ? » Non mais parce que quand même c’est parfois un peu dérangeant….

 

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03/04/2017
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