Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Christian Blanchard : Iboga

Iboga de Christian Blanchard   3.75/5(23-02-2018)

 

Iboga (299 pages) est sorti le 25 janvier 2018 aux Editions Belfond.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité...
28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la " Louisette ".
Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d'honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir...
Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l'avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.
Une fois, Max m'a dit quelque chose que j'ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu'il y aura des incohérences, des trucs qui n'iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut.
J'ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J'ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée.
Ce livre raconte la vérité... La vérité selon Jefferson Petitbois... Un homme trop jeune pour mourir.

 

Mon avis :

 

Iboga est l’histoire de Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort à 17 ans, pour plusieurs meurtres. Jeff seul et sans espoir, attend son jour, celui où il s’installera sur la Louisette. Mais Mitterrand abolit la peine de mort et la peine de Jeff se transforme en perpétuité, une vie à la merci du maton, une vie à travailler sur soi (sur les conseils de la psy).

« Comme un outrage à la dignité humaine ? Un doigt d’honneur à la vie ? Elle trône au milieu de la cour…visible des cellules alignées dans le couloir de la mort. Torture supplémentaire. »

 

Thriller psychologique prenant, Iboga  est une plongée en huis clos dans l’univers carcéral comme on connait peu, celui de l’univers carcéral et des condamnés à perpétuité avec son angoissante claustrophobie et sa violence psychologique terrible et parfois insoutenable.

Malgré son passé, Jeff réussi à devenir un personnage touchant, grâce à sa relation avec un gardien qui le pousse à apprendre à lire, celle avec une souris et par ses écrits, ses souvenirs et son évolution personnelle. Malmené par la vie, Jefferson a rencontré Max qui aura définitivement fini de le faire sombrer, mais d’autres rencontres lui permettront peut-être de relever la tête…

 « -Ok, madame…Je vais vous parler de Max.

Ça ne va pas être facile. Aucune objectivité à attendre de ma part.

Je prends mon temps pour commencer mon récit.

-Il a…Il a été un catalyseur. Tout était en moi. La colère, la vengeance…des sentiments comme ça, j’en étais bourré. Max les a simplement rendus…comment dire…opérationnels. »

 

Peu à peu, Christian Blanchard nous délivre, sans jugement, son histoire, nous plonge un peu plus dans ses souvenir et ses pensées, et nous permet ainsi de comprendre cet homme empli d’angoisse, joue sur la compassion sans surenchère.

A l’écriture sèche et saccadée qui dès les premières lignes impose une tension, aux phrases ultra courtes (absentes de pléthores, axées sur l’essentiel), à la narration lente mais pas exempte de brutalité, Christian Blanchard nous livre là un thriller sombre, réaliste et actuel où racisme, violence, système judiciaire et carcéral, occultisme et Histoire complètent délicieusement cette histoire d’Homme, ce roman d’ambiance très bien fait.

« J’ai ôté la liberté, la vie à des êtres humains, on va donc prendre la mienne. Le libre arbitre de la justice, une forme d’égalité. Nous sommes tous frères devant le malheur. Je prendrai bientôt ma part.

L’attente est peut-être la pire des choses. Ne pas connaitre la date ni l’heure est, de loin, l’ultime torture. Impossible de se projeter dans un avenir même limité à quelques secondes. »

 

Je suis contente de ne pas être passée à côté de ce titre dont la couverture ne m’emballait pas spécialement.



10/06/2018
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