Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Carène Ponte : Gros sur le cœur

Gros sur le cœur de Carène Ponte    4,5/5 (07-12-2018)

 

Gros sur le cœur (254 pages) est disponible depuis le 15 novembre 2018  dans la collection poche des Editions Michel Lafon.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

C'est l'histoire d'une adolescente sans doute un peu trop ronde, sans doute un peu trop fragile.
C'est l'histoire d'un nouveau lycée, des yeux qui dévisagent, des yeux qui jugent.
C'est l'histoire d'un professeur d'allemand qui séduit.
Mélissa, 17 ans, suit ses parents dans une nouvelle ville, un nouveau lycée.
Année de terminale sur la corde raide. Année charnière entre dégoût de soi, et renaissance.

 

Mon avis :

 

Melissa Grabeau doit (encore) déménager et s’éloigner de son petit coin de Normandie, où elle avait noué une relation forte avec Camille (sa meilleure amie depuis 5 ans). Pas facile pour cette fille ronde de 17 ans pas forcément bien dans sa peau de quitter  sa meilleure amie et se retrouver dans l’inconnu, tout recommencer et reconstruire (comme à chaque fois que son père, militaire, est muté) à 400 kilomètre de là, dans une plus grande ville. Mélissa est inquiète et impressionnée, voire même terrorisée et en colère contre ses parents (et surtout sa mère, la seule présente) d’être obligée de partir.

Comme elle s’y attendait, la rencontrée des classe de Terminale ne se passe pas au mieux. Sa première rencontre  avec ses camarade Morgane et Julie qui taclent sur son look et ont des gestes blessants rendent Mel plus mal à l’aise qu’elle ne l’est et la font se sentir bien seule. C’ets le début d’une longue série de moqueries, d’humiliations et de vacheries de la part de certains élèves populaires qui ont vu en Mel une cible parfaite.

« S’il y a bien quelque chose que j’ai toujours su, c’est qu’il vaut mieux être du bon côté de la merde, histoire d’en éviter l’odeur. » Page 50

Le seul réconfort qu’elle trouve (n’arrivant pas à dialoguer avec ses parents, son père étant à l’étranger et sa mère, femme au foyer, n’arrivant pas à comprendre sa colère) est auprès de son amie par l’échange de textos et de quelques visites et de son professeur d’allemand (et voisin) charmeur et disponible…Mais est-ce suffisant ? et surtout n’est-ce pas un jeu délicat qui risque de lui retomber dessus ?

Mais Mel a beau être une jeune fille fragile elle va se révéler plus forte qu’elle ne l’aurait cru elle-même…

 

Gros sur le cœur est un très bon roman jeunesse. Sa protagoniste est une ado comme les autres qui aime chanter et danser en pyjashort dans sa chambre, regarder des film en mangeant des cookies, qui lit Divergent… Alors ce qui lui arrive touche profondément le lecteur parce que finalement sa différence (ses rondeurs) aurait pu être aussi un nez trop long, un caractère très timide qui fait rougir, un look qui sort de l’ordinaire, une taille hors norme, des cheveux trop courts chez d’autres. Son étiquette vite collée, qui fait mal et qui entraîne le dégoût de soi (avec l’impossibilité d’en parler au corps enseignant sous peine d’aggraver les choses) se comprend. On s’identifie très facilement à elle et on est d’autant plus touché que son histoire est celle de nombreux autres adolescents.

Carène Ponte, entre deux notes d’humour (et d’ironie et de sarcasme) impose la gravité. Elle a l’intelligence de ne pas faire tomber son récit dans le pathos mais préfère évoquer les faits et les conséquences de manière brutale et dramatique mais à la hauteur de ce que vit Mel et dans une logique réaliste et sensée, sans aucune exagération. Tout n’est pas blanc ou noir ici car chacun a sa part de responsabilité.

 

L’histoire de Melissa (et avec elle les thèmes de la différence, de la solitude, du repli des difficultés à s’intégrer) pose la question des répercussions liées au harcèlement scolaire et de l’abus de confiance et d’autorité (désespoir, rage, dégoût de soi et au final des autres). Gros sur le cœur possède une crédibilité forte car ce que ressent Mel et ce qu’elle peut faire (ou ne pas faire) sont tout à fait l’image  des réactions de n’importe quel adolescent (ou en tout cas de nombreux), comme la peur d’en parler (barrière à toute solution).

 

Si le roman tourne  bien évidement autour de Mélissa, les personnages secondaires ont aussi leur moment, leur histoire personnelle leur rendant un peu d’humanité malgré tout.  Gros sur le cœur est aussi un roman qui parle aussi d’autres choses que le harcelement  en lien avec l’adolescence : premier amour, désillusion, peine de cœur, amitié forte… C’est donc un petit livre facile à lire à mettre entre TOUTES les mains !



15/12/2018
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