Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

Aurélie Valognes : Minute papillon

Minute papillon d’Aurélie Valognes   4/5 (23-04-2017)

 

Minute papillon (260 pages) est paru le 5 avril 2027 aux Editions Mazarine.

Page de l’auteure  ici

 

8.jpg

 

L’histoire (éditeur) :

 

Rose, 36 ans, mère célibataire, est une femme dévouée qui a toujours fait passer les besoins des autres avant les siens. Après avoir perdu son père et son emploi, la jeune femme apprend que Baptiste, son fils unique de 18 ans, quitte la maison. Son monde s’effondre.
Cette ex-nounou d’enfer est alors contrainte d’accepter de travailler comme dame de compagnie pour une vieille dame riche et toquée, Colette, et son insupportable fille, la despotique Véronique.
Et si, contre toute attente, cette rencontre atypique allait changer sa vie ?

 

Mon avis :

 

Rose est le genre de personne à attirer les ennuis. C’est une malchanceuse qui, à tort, préfère confier ses grandes décisions au hasard (pas assez sûre d’elle pour faire ses choix elle-même), pas vraiment une Pierre Richard, juste une femme qui a rarement la chance de son côté et qui l’assume avec résignation, prévoyant systématiquement tout un tas de trucs pour pallier aux accidents et autres catastrophes (et aussi parce que c’est une hyper angoissée qui imagine, à raison, le pire lui arriver). Et pour le coup, elle est loin de prévoir ce qui va lui arriver !!!

Bref, Rose est une femme trop effacée, pas assez attentive à elle-même, trop à la merci des autres (comme dans son boulot de nounou à Paris), toujours aux petits soins de son fils Baptiste (fraîchement majeur et depuis peu en couple avec Jessica), qui profite assez bien de la gentillesse et de la patience de sa mère. Mais cette Noiséenne de 36 ans a décidé qu’il était temps de se prendre en main, parce que tout fout le camp : son employeur déménage et la licencie, son fils s’installe avec la Jessica et ne répond plus à ses appels, même sa sœur Lily (qui fait officie de meilleure amie et son seul lien social) a prévu de partir à l’autre bout de la France….

 

C’est là que Véronique Lupin entre en scène, comme par magie, lui proposant (imposant) un nouveau job dès le lundi suivant : dame de compagnie à temps plein grassement payé et avec logement de fonction. Bonne nouvelle ? Ah, c’est mal connaître le destin de Rose, qui va aller de déconvenues en surprises.

Collette Lupin n’est pas une personnage âgée grabataire comme elle s’attendait à trouver, mais pas reposante pour autant. Cette septuagénaire toquée est agoraphobe, maniaque de l’hygiène et hyper franche (loin d’être atteinte de sénilité, elle est très observatrice et ne manque pas de donner son avis). Ce boulot ne va pas être de tout repos, et après une semaine de travail forcé, Rose découvre enfin les véritables raisons de son engament.

Il est temps de s’imposer et de prendre des décisions ! Et c’est ainsi que sa vie va radicalement changer, aussi bien à cause des Lupin que des évènements de la vie tout simplement…

 

 

Rose pourrait s’avérer être un personnage désespérant (et je sais que le portrait que je viens de faire d’elle est peu flatteur et peu engageant) mais ce n’est pas le cas du tout. C’est loin d’être un cliché et, en vérité, elle ressemble sans aucun doute à beaucoup d’entre nous. C’est une personne qui manque de confiance, pas vraiment aidée par la vie, à la recherche du petit truc positif dans son horoscope pour égayer son quotidien terne.

Perso, je ne lis plus mon horoscope depuis longtemps (je ne supportais pas d’y lire le moindre événement négatif, ça me contrariait pour la journée et me filait un peu la trouille…) mais je me suis retrouvée en Rose. C’est selon moi une chic fille qui ne le sait pas ! Son coté dévoué et investi émotionnellement la rend hyper attachante et touchante.

Et puis je trouve qu’elle ne se dépatouille pas si mal et sans aucun doute mieux que Colette devenue agoraphobe (presque à ma merci de sa despotique bourgeoise de fille) et de Lili qui a beau avoir réussi professionnellement (en apparence) succombe (sans véritable conviction) à toutes les lubies et philosophies du moment (Miracle Morning, vegan…).

 

Vous l’aurez compris, la force de ce roman c’est Rose ! Aurélie Valognes la malmène quand même pas mal ici et sans, heureusement, tomber dans une intrigue abracadabrante enchaînant les peines et les mésaventures.  Au contraire, même si l’affaire « Lupin » semble un peu loufoque (et peut-être pas tant que ça au final), l’auteure arrive à construire une histoire sur un quotidien proche du nôtre, à un moment de sa vie où ça ne va pas fort. Un tournant en quelque sorte….

Mais attention, rien de tristounet non plus. C’est Aurélie Valognes quand même ! Alors c’est vrai, Minute papillon n’est pas un roman drôle (je ne me suis pas fendu la poire en le lisant), mais c’est un vrai roman gai, touchant et humain. Un roman sur la vie, sur les rapports mère/enfant (même s’ils sont tous devenus adultes), sur le choix que nous pouvons faire par dépit ou commodité (sacrifices et renonciation) et sur les difficultés à s’épanouir. Et c’est aussi un roman qui porte un regard acéré sur une certaine classe de la population (et là, ok je reconnais, c’est drôle !).

 

Minute papillon est un roman actuel qui évoque les maux de notre société avec cette petite légèreté qui caractérise Aurélie Valognes.

Et sous ses airs de roman feel-good, c’est un livre qui cache bien son jeu. Je doute que les dernières pages ne touchent votre petit cœur, car il y a aussi là beaucoup de sensibilité et d’émotion (ah, cette fin, elle est parfaite !!!!).

 

Bref, je vous conseille cette lecture qui fait du bien.

A glisser dans votre valise cette été, si vous avez le courage de patienter jusque-là !



28/04/2017
3 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 260 autres membres