Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Maja Lunde : Une histoire des abeilles

Une histoire des abeilles de Maja Lunde  4,5/5 (13-08-2017)

 

Une histoire des abeilles (396 pages) est sorti le 17 août 2017 aux Editions Presses de la cité (trduction: Loup-Maëlle Besançon).

  

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L’histoire (éditeur) :

 

Un triptyque écologiste qui raconte l'amour filial à travers le destin des abeilles.
Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles ? 
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser les fleurs à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.

 

Mon avis :

 

Après En compagnie des hommes, autre regard sur l’Homme et sa relation avec la nature avec Une histoire des abeilles, premier roman adulte de Maja Lunde.

 

A travers trois histoires distinctes géographiquement et temporellement, elle va nous entrainer dans l’histoire conjointe de l’homme et des abeilles.

1951, en Angleterre, William Savage, père de famille (dont 7 filles) sort d’une dépression et met à profit sa passion pour le naturalisme pour étudier les abeilles et tenter de mettre au point une nouvelle ruche, plus moderne.

2007, aux USA (Ohio), George propriétaires d’une  ferme  et descendant d’une longue lignée d’apiculteurs fait face à la décision de son fils d’étudier la littérature plutôt que de prendre et étende l’exploitation, tandis que les abeilles connaissent les premiers symptômes d’un phénomène  dévastateurs.

2098, Chine (Sichuan), Tao travaille à la pollinisation manuelle des fleurs (suite à l’Effondrement,  disparition des abeilles et ce qu’elle a entrainé), espérant ardemment voir un meilleur avenir se dérouler pour son petit garçon de3 ans. Mais quand celui-ci est victime d’un accident, tout bascule pour elle…et l’humanité.

 

Dans un style cinématographique (avec des scènes très visuelles) et grâce à  l’alternance de trois tableaux, la lecture est un réel plaisir. Je dois dire que j’ai dévoré ce roman ! Je me suis  sentie proche de tous les protagonistes (que j’ai suivi avec sympathie) et j’ai aimé ce grand écart des lieux et des époques qui a entrainé aussi plus d’intérêt de m’a part. Quand bien même je savais que le fil conducteur restait les abeilles, je voulais savoir ce que ces personnages (plutôt que d’autres) pouvaient avoir en commun, ce qui les reliait. D’autre part, le fait de faire des allers retours passé/présent/futur (et de casser l’aspect chronologique de l’intrigue) offre une vision plus large dès le début de la lecture. Passionnant !

 

Le choix du triptyque, parfaitement maîtrisé en termes de cadencement, apporte beaucoup de rythme. Les tableaux, assez bien ficelés,  s’enchaînent vite et il devient vite difficile de se détacher de cette  Grande Histoire d’extinction des abeilles (et des  insectes pollinisateurs) qui évidement réveille quelques inquiétudes, que des petites histoires qui la composent.

Car, si l’auteure nous raconte finalement une seule et même histoire, celle des abeilles, elle nous permet aussi  par ce biais (et au-delà de la considération écologique de ces pages), de découvrir trois familles et mettre avec elle en avant  la culpabilité, l’amour familiale et les relations parents/enfants.

J’ai apprécié, de différentes façons, les protagonistes, avec évidement une petite préférence pour Tao, maman qui perd son fils unique, et George que j’ai trouvé un peu bourru mais qui m’a vraiment touchée dans sa relation avec son fils (incapable de trouver les mots justes). Et je suis restée fidèlement attentive à ce que chacun d’entre eux traversait, inquiète, agacée et soulagée.

 

Maja Lunde ne donne pas de leçons et pourtant, sans avoir besoin d’investir un ton moralisateur, elle permet de se poser quelques questions sur notre avenir et ce que nous en faisons. Car, bien qu’il s’agisse d’une fiction (la période concernant Tao rappelle quelques romans dystopiques), elle construit une intrigue issue de la réalité. Tout cela en devient d’autant plus pertinent et troublant qu’on est clairement dans une sujet d’actualité. Heureusement, elle finit sur une note optimisme et un rayon d’espoir…

 

Une histoire des abeilles est vraiment un roman qui m’a emballée par la simplicité (pas dénuée de beauté) de l’écriture et son fond, passionnant à bien des titres.

 

« J’avais l’impression que Dieu s’était moqué de moi. Qu’il avait descendu une échelle du ciel pour me laisser le rejoindre là-haut et admirer à ses côtés une prairie de barbe à papa, avant de me pousser dans le vide pour que je retombe à terre. Dans le monde sous la pluie. Gris. Boueux. Pauvre.

Si ce n’est que le soleil brillait toujours autant. Il tuait la planète avec ses rayons brulants.

J’avais perdu les abeilles.

Et j’avais dans doute aussi perdu Tom. Depuis longtemps. J’étais juste trop bête pour m’en être aperçu avant. » Page 341



05/09/2017
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