Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Alex Cousseau : Le fils de l'ombre et de l'oiseau

Le fils de l'ombre et de l'oiseau d’Alex Cousseau   5/5 (10-01-2016)

 

Le fils de l'ombre et de l'oiseau (428 pages) est sorti le 6 Janvier 2016 dans la collection DoAdo des Editions du Rouergue.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Alors qu’ils s’apprêtent à tuer le célèbre bandit Butch Cassidy, deux frères racontent, au cours d’une nuit, l’histoire de leurs ancêtres. Leur récit nous entraîne dans toute l’Amérique latine au cours du XIXe siècle, à la rencontre d’aventuriers, d’inventeurs et de révolutionnaires, dans un mélange d’histoires vraies, de légendes et de rêves. Dans le fil de son précédent roman, Les trois vies d’Antoine Anarcharsis, Alex Cousseau nous donne à nouveau un grand roman d’aventures plein de magie et de poésie.

 

Mon avis :

 

J’aime les histoires passionnantes comme ça. J’aime être surprise par un titre qui ne m’attirait pas plus que ça et dont au final je n’arrive plus à me défaire. Pourquoi j’ai voulu lire ce texte ? Pour son auteur que je voulais connaître depuis longtemps et pour son titre que je trouvais très joli. C’est un peu juste me direz vous pour donner envie de lire un livre. Oui, mais les précédentes publications d’Alex Cousseau avaient reçu un tel succès que, peu inquiète, j’ai voulu me laissée guider par mon instinct et découvrir ce qui en faisait un si bon auteur jeunesse-ado. Le destin offre parfois de bien belles surprises et en voilà une.

 

Butch Cassidy, dans le viseur de la carabine d’Elie, est sur le point de mourir. Il dort et, en attendant qu’il se réveille et qu’il croise le regard de ses assassins, Elie et Elias décident de raconter leur histoire pour comprendre ce qui les a amenés ici, à deux heures de cheval de Valparaiso, ce jour de 1916.

« Une nuit me suffira pour raconter mon histoire. Une seule nuit pour dire tout le bruit, le sang, la sueur, l’amour et les larmes qui ont rempli notre vie. Une nuit pour parler de notre grand-mère envolée, pour évoquer l’homme qui faisait le tour du monde à la recherche de son ombre, et notre mère, la fille aux huit doigts.

A l’instant où je commence notre récit, la lune se faufile entre les nuages. Elle éclaire la crosse de notre carabine, et nous sourions mon frère et moi. Nous sourions parce que nous tenons enfin notre vengeance. Nous sommes Elie et Elias, et bientôt nous entrerons tous les deux dans les livres d’Histoire comme ceux qui ont assassiné une légende…. » Page 11

 

Sur plus de 100 ans, Elie (parfois interrompu par son jumeaux pour une précision ou justement pour  écourter certains passages) revient sur l‘histoire de sa famille, de Mahina, leur arrière grand-mère, de Poki leur grand-mère, Pawel leur père et Wari leur mère. Racontée avec simplicité, moult détails et ce qu’il faut de magie pour la rendre presque extraordinaire, cette saga familiale nous entraîne en Amérique du Sud (îles de Pâques, Argentine, Patagonie, Chili, Bolivie…) pour un voyage dépaysant et inoubliable.

« C’est moi, Elie, qui prend le relais pour raconter son histoire. Dans la même langue que la sienne. C’est moi qui maintenant essaie de rassembler les fragments de sa vie, pour dire d’où nous venons Elias et moi, par où sont passés nos ancêtres et pourquoi nous somme ici cette nuit devant Butch Cassidy, à attendre son réveil pour le tuer. » Page 102

 

Le fils de l’ombre et de l’oiseau est un grand roman d’aventure dense mais simple à lire. Son rythme rapide (découpé en de courts chapitres et composé de phrases courtes qui vont à l’essentiel) mêlé à une narration délicate et précise en fait une lecture passionnante et vraiment difficile à poser.

La densité tient au fait que l’auteur raconte une grande histoire et l’inscrit de manière pointilleuse et pertinente dans l’Histoire (tout en restant permissif à certains égards). Ainsi, il mêle le véridique au fictif et délivre tout un tas d’informations politiques, techniques, géographiques, historiques… que l’on découvre avec intérêt et surtout un grand plaisir. C’est pertinent et très bien amené. Sans aller jusqu’au texte encyclopédique, cette histoire donne envie de s’intéresser à toutes ces choses que l’on traverse et Alex Cousseau nous donne l’occasion de combler notre curiosité.

 

Le lien avec Butch Cassidy ? Il faut attendre la toute fin du roman pour le découvrir, mais  une fois plongé dans cette saga on en oublie presque ce qui nous a poussés à y entrer et on arrive finalement très vite au dénouement.

« Parce que son histoire et la nôtre avancent en parallèle, et qu’à la fin elles n’en font qu’une. » Page 338

 

En bref : Le fils de l’ombre et de l’oiseau est un roman riche qui mêle la fiction, la magie et le réel. La plume alerte et pleine de sensibilité d’Alex Cousseau en fait un livre enivrant et passionnant. Ne vous laissez surtout pas impressionner par son épaisseur, ces 428 pages se tournent très facilement et sans aucun déplaisir. Bien au contraire !

 

« Il dit que le trou où on enterre un mort, c’est comme un point qui termine une phrase. Il dit qu’un trou n’est pas non plus un point final, derrière il ya d‘autres vies, d’autres phrases. Il dit que c’est juste un point, un point nécessaire, qui nous permet de reprendre notre respiration avant de continuer, avant d’écrire une autre phrase de vie derrière. »



13/01/2016
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