Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Maurice Mimoun : Une vie plus une vie

Une vie plus une vie de Maurice Mimoun  4/5 (04-05-2013)

 

Une vie plus une vie (200 pages) est paru le 4 avril aux Editions Albin Michel.

 


L’histoire (éditeur) :

 

« Maurice Mimoun est un chirurgien fameux, aimé fidèlement par ceux qui grâce à lui ont pu retrouver leur apparence physique même après les plus désastreuses blessures. À la compétence médicale est liée chez lui une exceptionnelle connaissance de la vie ; c’est grâce à elle que ce livre a pu naître : le vrai roman d’un vrai romancier. Dans ses personnages il ne faut pas chercher quelque autobiographie dissimulée, mais les grands thèmes de l’existence humaine: le corps, la douleur, l’amitié, la peur, la fatigue, la fidélité, la trahison, la vieillesse…Et la mort - avec une étonnante imagination onirique il s’interroge : sera-t-il possible un jour de la chasser de nos vies ? »

Milan Kundera

 

Mon avis :

 

Je suis tombée sous le charme de ce petit livre tout en émotions. L’écriture de Maurice Mimoun, ainsi que cette étrange histoire d’amour et d’amitié à trois m’ont bien plu.

 

« Tom, Simon et Rania auraient pu ne jamais se rencontrer et le monde aurait changé. Etait-ce vraiment possible ? L’amour les liait. L’amour les lie. L’éternité. »  Page 196

 

Rania, Simon et Tom liés depuis l’enfance, forment un trio inséparable. A l’adolescence,  Simon, atteint d’une maladie idiopathique et sur le point de mourir, fait prendre conscience à Rania qu’elle ne peut vivre sans lui. Elle promet alors sa vie en échange du rétablissement de Simon. Sa guérison instantanée donne naissance à sa vocation pour la recherche mais met également Rania dans une situation délicate pour le reste de sa vie, persuadée d’être la cause de cette guérison, le poids de sa dette pesant sur ses épaules, comme une promesse prémonitoire. Adultes, chacun vit sa vie avec et sans les autres. Louise,  Paulette, l’inconnue du métro… pimentent, embellissent et satisfont la vie des deux hommes, tandis que Rania conjure le sort en enchainant les aventures. Tom se résout et prend ce qu’il reste. L’amie d’enfance devient amante puis épouse. Simon reste malgré tout, toujours présent dans le cœur de Rania et dans celui de Tom dont l'amitié est indéfectible (Tom et Simon se jalousent, se défient mais ne peuvent s'empêcher de connaître l'inquiétude l'un envers l'autre).  

Trois lettres de l’alphabet soudées (R, S et T), trois destins liés.


Le roman s’ouvre plus de 15 ans après le mariage de Tom et Rania, l’un devenu homme d’affaire et l’autre chef du service de chirurgie du poumon.  Simon, chercheur travaillant sur un possible traitement du cancer du foie, martèle à leur porte jusqu’au drame.

L’entrée dans le roman et dans leur vie est brusque et complètement inattendue, mais justifie l’étendue et la complexité de la relation qui les unit.


« Simon mourait.

Elle s’agenouilla.

- Laissez Simon vivre. Echangez ma vie  contre la mienne. Sans lui, je deviendrais folle. » (Page 35)

 

Une vie plus une vie a été une vraie belle découverte. Décrit comme étant dans la veine de Jules et Jim, j’avoue que, ne connaissant pas vraiment le film (excepté son succès et les base de l’histoire), je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est donc sans aucun a priori ni attentes quelconques que je me suis aventurée dans ce « vrai roman d’un vrai romancier ».  Les mots de Milan Kundera sont à la hauteur de ce livre.  J’ai apprécié les mots simples et précis de Maurice Mimoun, son écriture ciselée, brève, facile, concise et pourtant pointilleuse. Les phrases, les paragraphes et les chapitres sont courts mais présentent avec habileté la vie, la mort, l’amour, l’amitié. 

 

« - Tu sais Simon, la timidité des arbres ne concerne pas que les branches. Elle s’applique aussi aux racines. ? Certains arbres poussent côte à côte sans marier leurs racines ; pas tous, quelques-uns. (…) Et ce qui est drôle, c’est que l’on ne prévoit pas la timidité racinaire : si deux arbres n’entrelacent pas leurs branches, rien ne dit qu’ils n’entrelacent pas leurs racines. Tu vois, on peut être timide en surface sans être timide en profondeur. » Page 107

 

Même si j’ai aimé l’évocation des divers moments de leur vie, instantanés d’émotion, l’authenticité dans les descriptions du quotidien professionnel que mène Rania, la progression hachée et la narration de Maurice Mimoun, il est y a quelques détails pour lesquels je n’ai pas adhéré et j’ai été aussi un peu déçue par la brièveté  du livre. J’aurais en réalité voulu d’avantage de profondeur.

 

En bref, Une vie plus une vie, roman contemporain comme je les aime, m’a fait passer un très bon moment livresque.



07/05/2013
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