Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Rona Jaffe : Rien n’est trop beau

Rien n’est trop beau de Rona Jaffe  5/5 (14-01-2012)


Rien n’est trop beau (667 pages), réédité aux Editions Presses de la Cité en septembre 2011, est maintenant disponible en format poche depuis le 29 août 2012 aux Editions Le Livre de Poche.

 


L’histoire (éditeur) :


Lorsqu’il fut publié en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l’engouement de millions de lectrices américaines. Elles s’identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d’horizons différents employées dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. 
Il y a la brillante Caroline, dont l’ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnes, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson. 
Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.


Mon avis :


Oh comme ce livre m’a plu !!!! Je me suis tout de suite plongée dans l’époque : années 50, New York, maison d’édition, des jeunes filles pleines d’ambitions (professionnelles et autres), d’illusions, de promesses…  L’ambiance est très bien rendue et Rona Jaffe livre sans tabou le quotidien de la  jeunesse féminine. C’est intéressant et très addictif : on voit la société évoluer vers une certaine émancipation de la femme (et c’est tant mieux !).


Rien n’est trop beau est l’histoire de 5 jeunes femmes. April Morrison, Gregg Adams, Mary Agnes Russo, Barbara Lemont et surtout Caroline Bender. Elles ont tout juste la vingtaine, arrivent à New York et commencent leur vie professionnelle comme secrétaires dactylo chez Fabian,  une grande maison d’édition. Elles sont ici parce qu’elles rêvent d’Hollywood, parce qu’elles doivent subvenir à leur besoins et ceux de leur famille, ou comme Caroline parce qu’elle fuit le souvenir trop présent d’un ex-fiancé.

Cette dernière a été mon personnage préféré. J’ai apprécié la suivre dans son évolution professionnelle (et me balader dans le milieu de l’édition) et son caractère plus mûr m’a davantage convaincu. Elle est passionnée (ambitieuse et persévérante), sarcastique, pleine de répondant. J’ai aimé son esprit vif et son œil critique. J’ai attendu, attendu et beaucoup espéré pour elle (autant que pour Barbara Lemont, qui malheureusement est un peu plus en retrait).  Ces demoiselles sont  parfois touchantes, extravagantes, naïves, différentes (elles viennent de milieux différents) mais n’aspirent qu’à une chose : le bonheur et son apothéose dans  le mariage.


Le monde dans lequel Rona Jaffe entraîne le lecteur n’est pas fait que de glamour et de rencontres excitantes. On est bercé entre la joie, l’énervement et la tristesse dans cette lecture où le léger côtoie le plus grave. Le monde du travail (petite fourmilière où il faut ruser pour faire sa place et se faire respecter) et surtout les relations hommes/femmes sont plus complexes et n’apportent pas toujours les promesses espérées.  L’intrigue n’a rien d’exceptionnelle et pourtant on se plait à suivre ces femmes dont la vie est loin d’être une promenade de santé. Entre désillusions, petits bonheurs, amertumes, amitiés  et destins brisés, on vit et vibre (d’un récit à l’autre) à leurs côtés durant 3 années, à la recherche de l’amour. Je reconnais qu’il y a des sujets qui fâchent : cette irrépressible besoin et/ou  envie de mariage (la quête sans fin du mari), le harcèlement sexuel (et le comportement de certains hommes en général qui font rarement le poids ), la naïveté féminine  de ces provinciales… Mais le récit pétillant de Rona Jaffe m’a fait mettre de côté certaines contrariétés et, entraînée par  son écriture, j’ai avalé goulûment chaque chapitre pour tourner la dernière page avec un soupçon de déception. Non ce n’est pas déjà fini ! 


 

« On les voit dans l’autobus le matin : des  jeunes filles qui lisent les journaux, des jeunes filles qui s’absorbent dans des romans ou d’autres qui regardent simplement dans le vide. Ce sont autant de masques, décorés avec des produits de beauté et derrière lesquels  se dissimulent les pensées intimes, celle qu’on n’exhibe pas dans les transports en commun. Parmi ces jeunes filles, les unes vont à leur bureau parce que chaque jour les rapproche du succès dont elles rêvent, d’autres vont travailler parce qu’elles ont besoin d’argent pour vives, et d’autres enfin y vont parce que c’est comme ça tous les jours de la semaine et qu’elles ne sauraient trop dire pourquoi. Elles vont vers leur machine à écrire ou à calculer comme si c’était une antichambre où les jeunes filles attendent l’amour et le mariage. La jeune personne assise dans l’autobus et qui est absorbée dans la lecture de son roman est peut-être en train de lire une histoire d’amour, mais peut-être ne fait-elle que regarder la page et penser à elle-même. » Page 437 de l’édition poche.

 


J’espère que mon billet vous aura convaincu. Rien n’est trop beau est une très agréable immersion dans le New York des années 50. Un roman féminin, une écriture dynamique et des personnages  adorables. Que demander de plus ?


A Cajou (si tu me lis) : je tiens à te remercier infiniment pour ce très beau cadeau. Je suis ravie d’avoir découvert cet excellent roman. Je ne suis pas prête de l’oublier de sitôt.

 

 

Les avis des autres participants de cette lecture commune : Petitepom, Zina, IluzeNatojuju



20/01/2013
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