Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Kate Morton : La scène des souvenirs

La scène des souvenirs de Kate Morton   4/5 (15-05-2013)

 

La scène des souvenirs (573 pages) est paru le 4 avril 2013 aux Editions Presses de la Cité.

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère âgée. Dans la ferme de son enfance, la comédienne est assaillie par les souvenirs, et plus particulièrement par les images d’un après-midi d’été étouffant, cinquante ans auparavant. Partie se réfugier dans une cabane perchée dans les arbres afin de rêvasser tranquillement, Laurel, alors adolescente, avait vu sa mère poignarder un inconnu. Un événement que personne n’avait évoqué par la suite.
Hantée par ce drame resté secret, Laurel décide de plonger dans le passé de sa famille. Elle trouve dans le grenier une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale qui lui révèle l’existence d’une certaine Vivien…

 

Mon avis :

 

En 1961, Laurel, cachée dans un arbre (pour échapper au pique-nique anniversaire de son petit frère et ainsi filer avec son amoureux), assiste au meurtre d’un étrange inconnu que commet sa mère. Cinquante ans plus tard, elle retrouve ses 3 sœurs et son frère pour tenir compagnie à leur mère qui vit ses derniers instants. Elle tombe sur une photo de celle-ci avec une jeune femme, à l’époque d’avant son mariage. Et soudain, une foule de questions viennent réveiller les souvenir de Laurel. Qui était ce rôdeur ? Comment connaissait –il le nom de sa mère ? Pourquoi est-elle si mystérieuse sur son passé ? Que cache-t-elle? Et qui est-elle vraiment ? C’est avec l’aide de Gerry son jeune frère, qu’elle va tenter de répondre à toutes ces interrogations et ainsi percer les mystères qui entourent ce terrible événement.

 

"Tant que Laurel n'essayait pas de tirer sur ses fils délicats, la tapisserie restait intacte.

Et rien ne l'avait altérée - jusqu'à ce jour. Incroyable, cette idée qu'après cinquante ans de silence il avait suffi d'une vieille photo et d'un simple prénom de femme pour que s'effile la trame du roman de Laurel." page 83

 

Les différents procédés narratifs qu’utilise Kate Morton pourraient déstabiliser certains lecteurs. Entre les multiples allers-retours passé/présent (on saute d’une génération à l’autre sans complexe) et les histoires dans les histoires, on a un peu la sensation d’être balader sans bien comprendre où tout cela va nous mener. L’auteur nous transporte dans les différentes époques de son intrigue. Très bien documenté, le roman offre des décors particulièrement précis (en particulier celle du  Blitz à Londres en 1941) qui permettent de s’impliquer avec plus de facilité dans chaque histoire. Malgré tout, il faut reconnaître que ça bouge beaucoup et en même temps peu…. Pour être franche, il m’aura fallu un bon nombre de page pour arriver à y rentrer. Même si l’idée de départ, celle du meurtre commis il y a 50 ans resté enfouis dans les souvenirs pour brusquement refaire surface avec tout ce que cela entraîne, est intéressante et surtout prometteuse, j’ai trouvé le début un peu long, l’histoire tardait à vraiment se mettre en place. Enfin, je ne sais pas vraiment à quel moment, j’ai finalement été happée par l’intrigue qui n’a plus voulu me lâcher. Résultat : quasiment une soirée et une bonne partie de la nuit y seront passées. La scène des souvenirs est un roman lent qui se révèle palpitant.

 

J’ai aimé les différents personnages principaux affectés au passé : Dorothy (alias Dolly), Vivien et Jimmy. Ils forment un trio complexe réunit en temps de guerre. Les femmes se dessinent doucement mais sûrement et les révélations donnent de nouvelles images d’elles. Je pensais me faire une idée précise de chacune d'elles, mais finalement je me suis bien fait avoir. Quant à Laurel, j’ai trouvé qu’elle était déterminée et ouverte. Ce n’est pas facile de creuser pour faire lumière sur la passé de sa famille et pourtant elle  va jusqu’au bout, c'est un beau personnage humble et généreux. Elle trouve une aide précieuse et un peu de soutien en son petit frère Gerry, qui était présent au moment du crime et qui (bien que bébé à l’époque des faits) a toujours vécu avec une ombre planante à ses côtés, persuadé que quelque chose de son passé le menaçait. Effectivement, l’auteure met en avant la complexité des secrets de famille et risque d’en surprendre plus d’un.

 

"Et soudain Laurel eut le sentiment que toutes les absences de sa propre existence, toutes les pertes, toutes la tristesse, tous les cauchemars nés des ténèbres, tous les accès de mélancolie sans fondement prenaient la forme spectrale de cette question sans réponse qui la hantait depuis si longtemps - de ce secret que sa mère gardait pour elle.

- Qui es-tu, Dorothy ? Qui étais-tu avant de devenir notre mère ?" page 93

 

Kate Morton maîtrise parfaitement son sujet où les ralentissements deviennent nécessaires (peut-être pas tous c’est vrai...). Elle libère certaines révélations au bon moment pour que tout ce que vous aviez pensé se révèle faux. Le roman prend alors une autre tournure. Et cette fin….en voilà une fin. Vous vouliez (comme Laurel) savoir qui était vraiment Dorothy, et bien vous allez le savoir !

 

« Or ce passé était revenu en force, avait envahi sa vie. Il avait sauté à la gorge de Laurel à l’hôpital, lorsqu’elle avait vu la photo de Vivien, et ne l’avait plus lâchée depuis. (…) jour après jour, il prenait de la force et de poids, s’accompagnait de mauvais rêves, de couteaux à la lame luisante, de petits garçons avec leur fusées en fer-blanc, de promesses de remonter le temps, de réparer ce qui avait été brisé. (…) Rien ne semblait plus avoir d’importance, hormis les mystères de Dorothy.

Car il existait bel et bien, ce passé secret. » page 137

 

En bref : La scène des souvenirs est un roman très descriptif, dense, un peu historique, où le suspens donne une dimension « thriller psychologique », qui m’a agréablement surprise. Une première rencontre avec Kate Morton qui ne m’a pas déçue. Si vous décidez de vous lancer dans ce livre, ne vous laissez pas décourager par le début qui prend son temps pour poser son intrigue. Une fois vraiment investi dedans, je peux vous assurer que vous le trouverez surprenant et finalement addictif.



15/05/2013
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