Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Cathy de Bonidan : Le Parfum de l'Hellébore

Le Parfum de l'Hellébore de Cathy de Bonidan   4.5/5 (31-12-2016)

 

Le Parfum de l'Hellébore (301 pages) est paru le 12 janvier 2017 aux Editions de la Martnière.

 

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L’histoire (éditeur) :

 

Dans les années 1960, Anne travaille chez son oncle, directeur d'un centre psychiatrique parisien. Les traitements sont encore archaïques et certaines décisions de l'institut choquent la jeune fille, qui, se sentant menacée, ne peut rien dire. Le sort de deux malades la préoccupe : celui de Gilles, un jeune garçon autiste de 11 ans, et celui de Béatrice, une anorexique de 14 ans.

 

Mon avis :

 

Le parfum de l’hellébore est de ces romans plein de sensibilité qui vous touchent autant par la plume que par l’intrigue.

 

Dans les années soixante, Anne, tout juste majeure, a quitté sa province pour la Capitale où elle est forcée de s’installer (à la suite d’un écart de conduite) chez son oncle, qui dirige un hôpital destiné aux enfants souffrant de troubles psychiatriques.

À travers sa correspondance avec sa grande amie Lizzie, qui de son côté vient d’intégrer la fac de Lettres de Bordeaux où elle étudie la psychologie, on suit l’installation et le quotidien d’Anne, entre les cours du soir pour l’obtention du baccalauréat (qu’elle a raté en juin dernier) et son travail au centre. Assez vite, elle se noue d’amitié avec Béatrice, une jeune patiente de 13 ans, internée depuis 3 mois à la demande de ses parents pour troubles alimentaires (anorexie qu’elle a volontairement choisi de s’imposer pour échapper à ses parents). Ces deux jeunes filles connaissent le même engouement pour l’écriture (l’une avec sa meilleure amie, l’autre dans un journal où elle décrit ce qu’elle vit, voit et ressent) et se retrouvent liées après avoir observé le surprenant comportement du jardinier (Serge, homme taciturne et silencieux, qu’elles surnomment l’Homme des bois) face à Gilles, un très jeune garçon autiste au comportement imprévisible et violent. Cette scène va changer à jamais le destin de ces quatre personnes et de bien d’autres encore….

 

« Avec Jacques gagnant cette petite bataille contre ses angoisses, il m’a semblé que tous les êtres présents communiaient dans le même élan d’amour. On aurait dit qu’il existait un lien profond entre eux, issu peut être d’une connaissance de la maladie et de l’enfermement qu’elle présente. » (Page 47)

 

Des dizaines d’années plus tard, Sophie, étudiante de 28 ans, travaillant sur sa thèse portant sur les conditions de vie dans les hôpitaux psychiatriques parisiens de l’après-guerre à la fin des années 60 », tombe sur les archives du Centre Jean-Pierre Falret, ce même centre medio-psycho-pédagogiques où Anne et Béatrice se sont rencontrées… C’est le début d’un long travail de recherches qu’elle va mener aussi bien pour elle que pour la mémoire de ceux qui y ont séjourné ou travaillé.

  

Avec une écriture douce, Cathy Bonidan développe ici une intrigue pleine de mystères qui se déroule comme une enquête. Très prenante, l’histoire et d’autant plus touchante qu’elle traite des problèmes psychiatriques chez les jeunes et que ses personnages sont très bien dépeints. Que sont devenues Anne, Béatrice et Gilles ? Quels sont les causes de l’éloignement soudain d’Anne de sa famille ? Pourquoi le journal de Béatrice s’est-il soudainement arrêté ?

Voilà tant de questions qui motivent la lecture.

 

Découpé en deux parties, Le parfum de l’hellébore passe d’une narration épistolaire un peu lente mais néanmoins prenante et extrêmement touchante (impossible de ne pas s’attacher aux deux filles qui sont d’ailleurs très bien dessinées à travers la double correspondance. C’est d’ailleurs dans la première partie que j’ai pris le plus de plaisir à découvrir les protagonistes) à une écriture plus rythmée lorsque Sophie prend les rênes de l’histoire. Les informations restent longues à arriver mais entre les décisions à prendre et les révélations qui tombent régulièrement le lecteur est toujours maintenu en haleine.

 

Quant à la plume de Cathy Bonidan, j’ai été conquise. Elle parle de sujets graves et délicats avec sensibilité, sans tomber dans pathétisme affecté. On est forcément touché et ému mais bercé par les mots et les destins de chacun. Elle mêle le passé et le présent avec finesse et rend un bel hommage à ceux qui travaillent pour guérir plutôt qu’enfermer.

En bref : un roman lumineux qui parle avant tout d’amitié, de ténacité et de partage.

 

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Le mot hellébore provient du grec helleboros ; certaines espèces étaient employées autrefois en médecine pour leurs vertus purgatives ;

dans l'Antiquité, on croyait les hellébores propres à guérir la folie et la mélancolie. (source Wikipédia)

 

 

Prix des lecteurs de Notre Temps 2017 (19-05-207)

 

Le  17 mai 2017, Cathy Bonidan a reçu le 8ème prix des lecteurs de Notre Temps pour son roman Le parfum de l’hellébore.

 

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Les 6 finalistes :

Le capitaine à l’heure.jpgPossédées.jpgA travers ciel .jpgtéléchargement.jpgtéléchargement (1).jpgtéléchargement (2).jpg 

Possédées de Frédéric Gros (éditions Albin Michel)

Le capitaine à l’heure des ponts tranquilles de Gérard Gréverant (Editions Les Escales)

A travers ciel de Jean-Luc Cattacun (édition Phébus)

Une autre voix que la mienne de Catherine Balance (édition J.C. Lattes)

Entre les notes de Bach de Jean-Pierre Grivois (édition d’Ormesson)

Le parfum de l’hellébore de Cathy Bonidan (édition de la Martinière)

 

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Les 9 lecteurs, membres du jury, ont départager ces six romans, échanger cordialement et finalement trancher pour récompenser Cathy Bonidan, qui s’est vue remettre la nouvelle liseuse Kobo Aura Edition 2 (grâce à l’association de la Fnac au prix des lecteurs de Notre Temps).

 

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18/01/2017
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