Libre-R et associés : Stéphanie - Plaisir de lire

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Alain Mabanckou : Mémoires de porc-épic

Mémoires de porc-épic de Alain Mabanckou          4/5 (14-03-2012)

 

Mémoires de porc-épic (228 pages), a été publié aux Editions Seuil dans la collection Cadre rouge le 24 août 2006 puis en format poche chez Points le 23 août 2007.

Un grand merci aux Editions France loisirs pour la découverte de cet auteur grâce à l’envoi de ce livre, qui a reçu le prix Renaudot en 2006.  

 

 

 

 

      

 

 

L’histoire (éditeur) :

 

Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaine, avec amour, humour et dérision. Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède son double animal, il nous livre dans ce récit l'histoire d'un étonnant porc-épic, chargé par son alter ego humain, un certain Kibandi, d'accomplir à l'aide de ses redoutables piquants toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son " maître " ! En détournant avec brio et malice les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou renouvelle les formes traditionnelles du conte africain dans un récit truculent et picaresque où se retrouvent l'art de l'ironie et la verve inventive qui font de lui une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.

 

Mon avis :

 

Mémoires de porc-épic est l’aventure d’un porc-épic qui se retrouve lié à Kibangi en devenant son double animal, suite à un rite initiatique pratiqué aux 10 ans de l’enfant. Pour raconter cette histoire, l’auteur attribue au personnage du porc-épic la place du narrateur et rend ainsi son texte vivant et très dynamique.  Présenté comme le double nuisible d’un jeune africain, le porc-épic Ngoumba décide de se confesser à un baobab (parce qu’il se croit proche de la mort). Submergé par les remords, il livre sa vie de meurtrier commandé par son maître Kibangi.


En donnant la parole à un animal bavard et intelligent, Alain Mabanckou nous livre un conte animalier africain dans la lignée des fables de La Fontaine. Il s’autorise un critique loufoque, cocasse et pertinente d’une culture où les croyances, les coutumes et la sorcellerie sont encore très présentes. Cet animal loin d’être bête, possède un œil critique aiguisé et une verve pleine d’humour, de dérision et de pertinence.

 

Mémoires de porc-épic possède une écriture spontanée très plaisante. Dans le pur style oral, c’est un récit à la fois original et traditionnel. Sans majuscule ni point, les mots s’enchaînent en paragraphes sans aucun soucis de compréhension tant le style de l’auteur est fluide, aéré et agréable. Tout d’abord déroutée par le manque de ponctuation, je l’ai vite oubliée tellement j’étais captivée par l‘histoire de Kibandi et de son double animal. Bercé par les paroles d’un porc-épic, le lecteur est littéralement transporté dans l’histoire.


Très proche du conte traditionnel africain (forme, fond et morale), c’est un réel dépaysement, une source de réflexion, et également une histoire divertissante agréable à suivre. Mémoires de porc-épic mélange les genres avec brio : tour à tour aventure rocambolesque, roman noir, récit philosophique … J’ai pris du plaisir à suivre ce conte assez noir mais bourré d’un humour très critique, car entre cet homme et cette bête, l’animal n’est pas forcément celui que l’on croit.

 

Avec ce livre, j’’ai été transportée dans un univers qui m’était inconnu. Je me suis laissée bercer par les mots de Mabanckou sans cesse agrémentés de dictons, d’allégories, de paraboles, de fables, de références littéraires, de mythes, de proverbes, de clins d’œil… C’est un récit riche, écrit en toute simplicité et qui se lit très vite. Le rythme est très rapide (la ponctuation n’y est pas pour rien), les chapitres sont courts, et l’intrigue progresse très rapidement. Un porc-épic qui s’adresse à un baobab ne risque, en principe, aucune interruption, et ça donne une narration qui va à l’essentiel. Quant aux figures de styles, elles donnent de la couleur et une narration très imagée. 



18/06/2012
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